DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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2019-11-13 - Colloque/Présentation - poster - Français - page(s)

Durieux Marianne , "La participation citoyenne au temps du numérique et l’aménagement territorial en Wallonie : quelle est la relation entre les besoins et les attentes des différents acteurs ?" in Séminaire inaugural de l'école doctorale thématique Architecture, Urbanisme, Ingénierie Architecturale et Urbaine, EDT62, Bruxelles, Belgique, 2019

  • Codes CREF : Urbanisme et architecture (aspect sociologique) (DI2650)
  • Unités de recherche UMONS : Architecture et Société (A530)
  • Instituts UMONS : Institut de Recherche en Développement Humain et des Organisations (HumanOrg)
  • Centres UMONS : Urbanisation Revitalisation Bâtiment Architecture Innovations Espaces (URBAINE)

Abstract(s) :

(Français) La participation citoyenne au temps du numérique et l’aménagement territorial en Wallonie : quelle est la relation entre les besoins et les attentes des différents acteurs ? Durieux Marianne – Université de Mons Belgique Inscription doctorat : 2018 -2019 Promoteurs : Pouleur Jean-Alexandre – Scoubeau Chantal L’émergence des innovations technologiques liées à l’internet en 1990, a bouleversée notre société dans différents domaines (Castells, 2002, p. 333). La ville, devenant intelligente, voit en cette émergence une opportunité de développement d’une société beaucoup plus ouverte, participative et connectée (Beckouche, Bedin, 2019). Dans le but d’améliorer les technologies pour qu’elles soient plus utiles, agréables, durables et efficientes, celles-ci doivent répondre à des besoins et des attentes du citoyen (Giffinger et al., 2007). Depuis les années 70, l’avis du citoyen est sollicité, suite aux luttes urbaines (Castells, 1973). Aujourd’hui, de nouvelles pratiques ont émergé pour tenter de répondre aux enjeux architecturaux, urbanistiques et patrimoniaux actuels (Cambone, 2016). Ces dernières années, de nombreuses initiatives ont vu le jour en Amérique (Knight Foundation, 2013) et en France (Décider ensemble, 2012), notamment via les « Civic Tech » qui fournissent des plateformes de participation citoyenne numérique. Dès lors, plusieurs grandes villes belges ont complété leur approches traditionnelles de démocratie participative par des initiatives numériques. Sur le territoire wallon (Belgique), trois études de cas seront étudiées dans cette recherche. En 2017, la ville de Mons, a établi un processus de co-création de projet de ville avec ses citoyens grâce à des réunions citoyennes et une plateforme numérique, créée par CitizenLab. (Pouleur et al., 2018) Également en 2017, la ville de Tournai a instauré un processus participatif présentiel et numérique, autour de la passerelle de l’Arche dans le cadre d’une étude pour le réaménagement des berges de l’Escaut (ScaldisTournai, 2017). Plus récemment, La Louvière invitait ses citoyens à proposer leurs idées pour l’avenir de la ville sur l’application Fluicity et lors d’ateliers participatifs (Fluicity, 2019). Dans ce contexte, le jeu d’acteurs autour de la participation citoyenne liée aux enjeux urbanistiques évolue. Cette recherche a pour but de questionner les différentes attentes de chaque partie prenante et la corrélation avec les besoins réels du terrain. Sur quoi ces attentes sont-elles fondées ? Sont-elles fondées sur des besoins objectivables ? Qui attends quoi ? Quels rôles joue chaque acteur dans l’aménagement urbain ? Quelles sont les conséquences de l’apparition de nouveaux acteurs sur le territoire ? Comment le numérique peut-il améliorer la prise en compte des attentes ? Quelles améliorations auront un impact sur le terrain et pour qui ? La méthodologie utilisée pour appréhender ce terrain nouveau au cadre théorique trop peu développé s’appuie sur la Grounded Theory (Glaser, Strauss, 1967). L’approche est inductive, partant du terrain expérimental pour saisir le moment. Les premières observations ont été réalisées en parallèle selon deux axes : d’une part, différentes observations passives sur le terrain lors des processus participatif suivis de différents entretiens semi-directifs avec les différents acteurs. D’autre part, différentes données numériques ou non, ont été analysées (plateformes numériques, sites webs, réseaux sociaux, articles scientifiques, données de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ...). La thématique des données récoltées concerne une problématique récurrente au sein des villes, celle de la mobilité et des abords des écoles, qui s’avère préoccupante sur les trois terrains. Celle-ci est croisée avec celle de la gouvernance participative. Les premières observations identifient des concepts émergeants. Tout d’abord, une rupture spatiale et temporelle est visible entre les différents outils utilisés. En effet, ceux-ci se catégorisent par la manière dont ils agissent dans l’espace. Soit, en face-à-face de manière locale et physique sur un territoire bien défini. Ce sont par exemple, les ateliers participatifs (La Louvière, Mons, Tournai), les réunions citoyennes (Mons), ou encore les hackatons (Mons – Citizens of Wallonia). Soit, en nonprésentiel, c’est à dire qu’ils ne demandent pas de rencontres comme les formulaires papiers (Mons, La Louvière), les magazines communaux (Mons, La Louvière) ou encore les plateformes de participation citoyenne (Mons, La Louvière, Tournai). De plus, les différents processus, que ce soit en-ligne ou hors-ligne, nécessitent des temporalités différentes suivant le niveau de l’échelle de la participation citoyenne qu’ils veulent atteindre (Arnstein, 1969) (Douay, 2016). Ces processus sont aussi contraints par les temporalités spécifiques à l’aboutissement d’un projet urbain. Ce sont principalement de long délais pour répondre à des attentes immédiates(Pouleur, 2008), à contrario du digital. Ces outils participatifs visant la co-création de projets, s’enrichissent mutuellement sur les trois cas d’étude. Ainsi, le terrain démontre que la relation entre les deux temps et espaces pourra créer la force de la participation citoyenne future. Le but n’est donc pas de remplacer l’un et l’autre, mais d’exploiter la complémentarité des uns avec l’autre pour mieux atteindre les objectifs définis et un processus participatif plus proche des citoyens. De plus, l’observation de la représentativité, au sens de la définition de Javeau (Javeau, 1990), des participants sur les trois terrains d’analyse, démontre que les outils numériques observés permettent d’atteindre un public plus large. Cependant, l’échantillon est plutôt de type raisonné qu’aléatoire et statistiquement représentatif de la population. En effet, le nombre ne fait pas des résultats quantitativement représentatifs de la population. Cette analyse sera confrontée à un cas concret d’aménagement du territoire, la congestion aux alentours des écoles. En parallèle, une étude a été réalisée sur les données récoltées de la thématique mobilité dans le but d’objectiver les attentes des acteurs avec les réels besoins du terrains. L’objectif est de mettre en lumière comment améliorer l’accessibilité des sites scolaires maternelles, primaires et secondaires. La suite de la recherche consiste à interroger les différents acteurs identifiés (Mitchell et al., 1997) (Brullot et al., 2014) autour de chaque projets lors d’entretiens semi-directifs, dans le but de comprendre les jeux d’acteurs, de les cartographier et d’identifier les différentes attentes. Cette recherche s’intègre dans le cadre du portefeuille de projet de recherche « Wal-e-cities », financés par le FEDER et la Région wallonne, plus particulièrement le projet « GOV – Gouvernance urbaine ».