DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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2019-09-04 - Colloque/Présentation - communication orale - Français - page(s)

Costa Béatrice , "Rythme et postédition" in Le concept du rythme d’Henri Meschonnic dans la traduction et la traductologie , Hildesheim, Allemagne, 2019

  • Codes CREF : Traduction (DI5326)
  • Instituts UMONS : Institut de recherche en sciences et technologies du langage (Langage)

Abstract(s) :

(Français) Théorie du rythme et post-édition : un amalgame impossible ? Puisant ses sources dans l’anthropologie historique, la théorie du rythme d’Henri Meschonnic ne se limite pas à une description purement linguistique de la langue, elle s’intéresse à l’acte même du parler, à l’activité du langage, voire à l’activité énonciative qui s’inscrit non seulement dans le discours oral mais aussi dans le discours écrit. « C’est un homme parlant que nous trouvons dans le monde, un homme parlant à un autre homme », cette affirmation maintes fois citée d’Émile Benveniste (1966 : 259) constitue le véritable arrière-fond de l’œuvre meschonnicienne. Elle n’est pas restée sans conséquence pour le statut du traducteur qui, libéré du carcan de la « logique d’effacement », se voit enfin élevé au rang d’auteur. Cependant, ce primat donné au « discours », voire à un rythme qui se confond avec « l’inscription de l’homme en train de parler (Meschonnic 1989 : 22), soulève de sérieux questionnements lorsque la traduction est aux prises avec les pratiques de la TAO (traduction assistée par ordinateur). Les logiciels d’aide à la traduction (outils de TAO, concordanciers, dictionnaires informatisés, banques de terminologie etc.) ne sont-ils pas « l’ennemi majeur du poème » (Meschonnic 2007 : 68) et à fortiori le symbole même de l’assujettissement à la langue ? Ne faut-il pas voir dans les prétendues avancées technologiques une menace invisible mais d’autant plus réelle qu’elle empêche de penser le « continu » entre la voix de l’auteur et celle du traducteur ? La présente communication ne posera pas pour principe que la traduction doit revenir à la plume et au dictionnaire si elle veut prétendre à une équivalence rythmique digne de ce nom. Son objectif est plutôt de démontrer que les solutions traductionnelles proposées par les logiciels de traduction correspondent sommairement à ce que Benveniste a appelé « l’appareil formel de l’énonciation ». La tâche du traducteur, voire du post-éditeur, consiste à entrer en dialogue avec cet appareil, à donner un corps aux traces éclatées d’activité énonciative, à transformer ces éléments en signifiants cohérents et à les inscrire dans un continu susceptible de transcender l’absence de signification langagière en « formes de vie ».