DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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2018-11-17 - Colloque/Présentation - communication orale - Français - page(s)

Delizee Anne , "L'agentivité relationnelle de l'interprète en santé mentale" in Discuss Interpreting : the interpreter's identities and roles in a changing environment, ISIT, Paris, France, 2018

  • Codes CREF : Linguistique appliquée (DI5320), Traduction (DI5326)
  • Unités de recherche UMONS : Traduction spécialisée et Terminologie (T204)
  • Instituts UMONS : Institut de Recherche en Développement Humain et des Organisations (HumanOrg)
Texte intégral :

Abstract(s) :

(Français) Depuis quelques années, l’intensification des mouvements migratoires accroît sensiblement les besoins en interprétation dans le secteur de la santé mentale. Positionné en collaborateur du thérapeute (e.g. Bot 2005), l’interprète assure le transfert interlinguistique, mais peut également exercer une médiation culturelle (e.g. Leanza et al. 2014). Il pourrait également participer à l’alliance thérapeutique triadique dans sa dimension affective en exerçant une médiation relationnelle (e.g. Boss-Prieto 2013 ; Goguikian Ratcliff 2010). Nous confirmerons cette observation grâce à l’analyse discursive de neuf consultations psychothérapeutiques interprétées en russe-français, analyse effectuée avec les appareils conceptuels de la Théorie de la politesse de Brown et Levinson (1978) revisitée par Kerbrat-Orecchioni (e.g. 1992) et de la Pragma-dialectique intégrée de van Eemeren et Houtlosser (e.g. 2002). Nous montrerons par des données authentiques comment, dans des non-restitutions et des restitutions (Wadensjö 1998), l’interprète co-construit discursivement une relation collaborative thérapeute-interprète et une relation patient-interprète soutenante, et ménage, renforce et co-tisse la relation thérapeute-patient. Nous étayerons ces observations discursives par des extraits des interviews des thérapeutes, patients et interprètes impliqués dans les interactions étudiées. Il apparaît que par sa capacité à l’empathie (Merlini et Gatti 2015), l’interprète participe activement à la co-construction discursive de chacune des trois relations dyadiques : il coopère et fait coopérer le thérapeute et le patient, ce qui a pour effet d’établir une relation triadique empathique et soutenante. Dans un cadre collaboratif thérapeute-interprète, qui l’autorise à s’impliquer émotionnellement et interpersonnellement (e.g. Miller et al. 2005), nous observons que l’interprète exerce spontanément ce type d’agentivité : être le pivot relationnel au sein de la triade semble intrinsèquement lié à sa position de tiers dans la triade. Ces constats, issus d’une approche strictement descriptive, pourraient alimenter la réflexion des thérapeutes et des interprètes quant aux modalités de leur collaboration.