DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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2019-09-05 - Livre/Chapitre ou partie - Français - 12 page(s)

Darcis Damien , "Albert Camus, le sacré ou l'humanité comme valeur" in "Albert Camus et les vertiges du sacré" , 978-2-7535-7766-4

  • Edition : Presses universitaires de Rennes
  • Codes CREF : Métaphysique (DI5430), Philosophie politique (DI5415), Philosophie (DI5400)
  • Unités de recherche UMONS : Arts et Techniques de représentation (A550)
  • Instituts UMONS : Institut de recherche en sciences et technologies du langage (Langage)

Abstract(s) :

(Français) Dans cet article, je souhaiterais, dans un premier temps, revenir sur le sens que Camus confère à la notion de sacré dans Le mythe de Sisyphe pour, dans un second temps, analyser la place qu’elle occupe dans L’homme révolté. À suivre certains commentateurs, le sacré désignerait l’irrationnel ou l’impensable auquel l’homme se confronte dans l’expérience de l’absurde. Dans cette perspective, la conception même du sacré pose un problème de taille : l’expérience de l’absurde ne rétablit-elle pas quelque chose comme un divin ou une transcendance ? Dans ce cas le sacré s’impose-t-il aux hommes ? Dans quelle mesure cette conception ne légitime-t-elle pas, par exemple sur le plan politique, des régimes qui ont écrasé ou à asservi les hommes ? À bien y regarder pourtant, si, dans Le mythe, Camus précise chaque fois que l’absurde n’est ni dans l’homme ni dans le monde, mais définit l’irrationnel issu de la confrontation entre l’homme et le, il souligne par contre à maintes reprises que le sacré est dans l’homme. Je souhaiterais ainsi montrer que le sacré ne désigne pas l’irrationnel en tant que tel, mais la condition humaine que la confrontation fait exister. Dans l’expérience de l’absurde, l’homme s’éprouve comme un homme, c’est-à-dire qu’il fait l’épreuve à travers sa propre condition d’une condition qui le dépasse parce qu’elle implique tous les hommes et qui, comme telle, est sacrée. Partant de ces analyses, j’aborderai alors le problème du sacré dans L’homme révolté, plus précisément la figure des « meurtriers délicats », pour montrer que la révolte rejoue toujours en creux l’expérience de l’absurde et le sacré qu’elle comporte, non plus cette fois en confrontant l’homme au monde, mais d’abord aux visages ou aux vies des autres hommes.