DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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(titres de publication, de périodique et noms de colloque inclus)
2019-05-16 - Colloque/Présentation - communication orale - Français - 2 page(s)

Verhaegen Clémence , Baqué Lorraine, Rosas Alba, Prince Typhanie, Marczyk Anna, "Déficits phonético-phonologiques chez les patients cérébrolésés : réflexions interdisciplinaires" in Huitièmes journées de phonétique clinique, Mons, Belgique, 2019

  • Codes CREF : Phonétique (DI5312), Logopédie (DI3355), Psycholinguistique (DI421B), Phonologie (DI5311)
  • Unités de recherche UMONS : Métrologie et Sciences du langage (P362)
  • Instituts UMONS : Institut de recherche en sciences et technologies du langage (Langage)

Abstract(s) :

(Français) Depuis quelques décennies, les aphasiologues étudiant les troubles de la production du langage et de la parole ont créé une distinction, profondément ancrée dans la littérature ainsi que dans la clinique, entre des troubles langagiers affectant la sélection des phonèmes au sein du système phonologique, identifiés comme des atteintes phonologiques, et des troubles, qualifiés de plus moteurs, affectant la programmation et l’exécution motrice des mouvements nécessaires aux réalisations des phonèmes, identifiés comme des atteintes phonétiques. L’argument majeur en faveur de cette distinction est l’observation de deux types d’erreurs distincts : les erreurs ou paraphasies « phonologiques » se caractérisant par des ajouts, omissions, permutations ou substitutions de phonèmes au sein du mot, sans altération de la réalisation articulatoire, et les erreurs dites « phonétiques » se caractérisant par des distorsions de la réalisation des phonèmes (e.g., Galluzzi, Bureca, Guariglia, & Romani, 2015; Romani, Olson, Semenza, & Granà, 2002). Cependant, les erreurs sont loin d’être toutes aisément détectables et validement analysables à l’écoute et, dès lors, sont exposées à des biais d’analyse lorsque l’investigation est essentiellement perceptuelle, ce qui est très fréquemment le cas (e.g., Nespoulous, Baqué, Rosas, Marczyk, & Estrada, 2013). Des études utilisant des paradigmes issus de la phonétique ou de la phonologie ont vu le jour depuis les années 1980, principalement en langue anglaise. Elles ont eu pour objet l’analyse de différents indices autour du trait de voisement (VOT, VTT, VVT, …), du trait de nasalité, des structures phonologiques affectant les erreurs des patients, des structures des voyelles (structure des formants, timbre,…) (Baqué, Marczyck, Rosas & Estrada, 2015 ; Den Ouden, 2011 ; Den Ouden & Bastiaanse, 2003 ; Laganaro, 2012, 2015, 2017 ; Marczyk & Baqué, 2015; Marczyk, 2018 ; Prince, 2016, 2017 ; Rosas, 2017 ; Valdois & Nespoulous, 1998 ; Verhaegen, Delvaux, Fagniart, Huet, Piccaluga & Harmegnies, 2017 ; 2018 ; Wilshire & Nespoulous, 2003). Cependant, celles-ci restent très rares dans d’autres langues, telle que la langue française. De plus, les résultats issus de ces études rendent le débat sur la distinction phonologique/phonétique parfois plus complexe, ne vont pas toujours dans le sens attendu par le type de lésion des patients, ou sont contradictoires d’une étude à l’autre. En outre, si on se réfère à la littérature, les mises en commun des techniques de recherches issues de l’aphasiologie et de la phonétique/phonologie restent parfois rares, malgré un objectif de recherche identique. Dès lors, l’objectif de cet atelier est de croiser les différentes techniques issues des disciplines voisines, dans un but de mobiliser les connaissances et de tisser des liens, mais également d’aboutir à la mise en commun des méthodologies autour d’un groupe de recherches, amené à développer des projets communs, transdisciplinaires.