DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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2019-03-15 - Colloque/Présentation - communication orale - Français - 12 page(s)

Henry Kevin , "Quand Xi Jinping parle français" in Traducteur et engagement politique - zoom sur l'Asie orientale, Université Paris Diderot, Centre d’études de la traduction, France, 2019

  • Codes CREF : Linguistique appliquée (DI5320), Langues et littératures d'Asie du sud et du sud-est, chinois (DI536Q), Communication politique (DI4716), Rhétorique (DI5357), Linguistique comparée (DI5327), Traduction (DI5326), Enseignement des langues étrangères (DI5328), Linguistique appliquée (DI5323)
  • Unités de recherche UMONS : Communication écrite (T203)
  • Instituts UMONS : Institut de recherche en sciences et technologies du langage (Langage)
Texte intégral :

Abstract(s) :

(Français) Depuis l’établissement du régime communiste en République populaire de Chine en 1949, la propagande joue un rôle prépondérant dans sa politique intérieure en ce qu’elle permet efficacement de galvaniser les masses et de répandre la bonne parole au peuple. La montée de Xi Jinping au sommet de l’État en 2012 a toutefois également coïncidé avec un accroissement massif des investissements publics dans une entreprise de soft power en tentant, au-delà des arguments économiques évidents, de séduire la planète en mettant en avant la richesse et le succès de sa culture, mais aussi de son modèle politique et de son idéologie. Dans cette perspective, la publication en huit langues étrangères, pilotée directement par le Parti communiste chinois, de l’ouvrage《习近平谈治国理政》(en français, La Gouvernance de la Chine, paru en 2014), une compilation de discours prononcés par Xi Jinping depuis sa nomination comme secrétaire du PCC, est un exemple symptomatique de la fièvre prosélyte qui gagne l’Empire du Milieu et réaffirme l’importance que joue la traduction dans les politiques culturelles et diplomatiques du pays. À travers cette communication, nous nous attacherons à examiner et à comparer les versions originale (en chinois) et française de La Gouvernance de la Chine à la lumière des théories du skopos et de la traductologie descriptive de même qu’avec l’aide des outils de l’analyse du discours et de la rhétorique (auditoire, triade ethos-logos-pathos, figures de style, etc.). Par une étude critique d’un nombre restreint d’extraits tenant essentiellement de la politique étrangère et militaire, nous tenterons de montrer à quelle échelle les objectifs du projet officiel de traduction ont été remplis par le groupe de traducteurs chinois (anonymes). Nous verrons également comment leurs choix de traduction reflètent les représentations stéréotypées que se fait l’administration chinoise des attentes de son lectorat occidental de même que les possibles préjugés qui en découlent. Nous chercherons à mettre en relief, exemples à l’appui, les incohérences observées dans les stratégies effectivement poursuivies et les expliquerons au vu des visées très larges de l’ouvrage. Nous terminerons notre exposé en nous demandant dans quelle mesure une analyse critique similaire aurait pu aider le grand public occidental à mieux comprendre et anticiper l’évolution de la diplomatie chinoise ces dernières années.