DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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(titres de publication, de périodique et noms de colloque inclus)
2014-06-01 - Travail avec promoteur/TFE - Français - 118 page(s)

Terrana Lucas , Caulier Guillaume , Eeckhaut Igor , "Biologie du crabe marsupial Hapalocarcinus marsupialis Stimpson, 1859 (Cryptochiridae), parasite de coraux scléractiniaires", 2013-09-01, 2014-06-20

  • Codes CREF : Biologie (DI3100)
  • Unités de recherche UMONS : Biologie des Organismes Marins et Biomimétisme (S864)
  • Instituts UMONS : Institut des Biosciences (Biosciences)
Texte intégral :

Abstract(s) :

(Français) Les récifs coralliens présentent la plus grande biodiversité et le plus grand nombre d’associations symbiotiques de l’environnement marin. En particulier, les coraux branchus des familles Acroporidae et Pocilloporidae, communs dans l’Indo-Pacifique, possèdent la faune symbiotique la plus diversifiée en nombre d’espèces. La faune associée à ces coraux est taxonomiquement très variée mais reste dominée par les crustacés décapodes. Les crabes font partie du groupe des crustacés décapodes brachyoures ; ils sont estimés à environ 4500 espèces, parmi lesquelles plus de 500 vivent au sein des communautés récifales de la zone intertropicale. Les crabes symbiotiques associés aux coraux sont souvent limités aux familles des Trapeziidae, Xanthidae et Cryptochiridae. Grâce leurs hôtes coralliens, ces crabes bénéficient d’un apport alimentaire et d’une protection face aux prédateurs. Le but général de ce travail est d’étudier la biologie du crabe marsupial Hapalocarcinus orbicularis, parasite de coraux hexacoralliaires. Plus spécifiquement, ces recherches ont (i) caractérisé la symbiose en déterminant d’une part la prévalence de l’infestation dans la zone étudiée, le récif corallien de Tuléar (Madagascar), et d’autre part la structure des galles retrouvées sur les coraux infestés, (ii) décrypté le cycle vital du crabe et la morphologie des stades larvaires et postmétamorphiques et (iii) établi son régime alimentaire par le biais d’analyses microscopiques et isotopiques. Le crabe Hapalocarcinus marsupialis fait partie de la famille des Cryptochiridae et se distribue le long des côtes des Océans Indien et Pacifique. Il est également présent en Mer Rouge ainsi qu’au niveau du canal du Mozambique, et plus particulièrement sur la côte Sud-Ouest de Madagascar. A Tuléar, le crabe vit de façon parasite sur les coraux Seriatopora hystrix et Pocillopora damicornis, sur lesquels il entraine la formation de galles. Si la présence sur P. damicornis s’avère anecdotique, 37,8% des 523 colonies de S. hystrix observées étaient infestées par au moins un crabe. Les galles sont des réactions de l’hôte corallien à la présence des crabes. Elles sont calcifiées et se développent jusqu’à la fermeture complète, empêchant tout mouvement du crabe qui s’y trouve et limitant les échanges avec l’extérieur. Elles sont monopolisées par les femelles et seraient visitées par les mâles, à la recherche du partenaire sexuel. Il existe chez le crabe un dimorphisme sexuel, qui devient plus prononcé lorsque la femelle atteint sa maturité et présente des ovocytes vitellogéniques. L’analyse des coupes histologiques démontre que l’accouplement se déroule alors que la femelle n’est pas mature et possède une apparence et une taille semblables au mâle : le sperme est stocké au sein des deux spermathèques de la femelle en vue d’une fécondation ultérieure. Une fois fécondée, la femelle voit sa croissance s’accélérer globalement et son abdomen se développer de façon allométrique. Ce dernier grandit jusqu’à former une poche marsupiale sous le céphalothorax, destinée à accueillir les futures pontes, qui possèdent en moyenne 395 œufs de 492μm de diamètre. Dès lors, le cycle vital de l’espèce se divise en deux phases bien distinctes : une phase larvaire libre et une phase adulte parasite, durant laquelle les crabes se développent au sein de galles formées sur l’hôte. Le régime alimentaire de cette espèce fut controversé et discuté dans quelques travaux antérieurs à celui-ci. Néanmoins, les analyses des signatures isotopiques du carbone et de l’azote réalisées dans ce travail suggèrent que les crabes possèdent une diète principalement suspensivore et se nourrissent des particules véhiculées par les courants passant à travers les pores de la galle.


Mots-clés :
  • (Français) scléractiniaires
  • (Français) symbiose
  • (Français) coraux
  • (Français) madagascar
  • (Français) crabe
  • (Français) cryptochiridae