DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

Recherche transversale
Rechercher
(titres de publication, de périodique et noms de colloque inclus)
2013-12-07 - Colloque/Présentation - communication orale - Français - 19 page(s)

Henry Kevin , "Séparer la fine fleur du chiendent : De la sélection des œuvres littéraires chinoises proposées au grand public francophone" in "Traduire pour le grand public", 5e édition des journées "Traductologie de plein champ", Institut supérieur des traducteurs et interprètes, Haute École de Bruxelles, Belgique, 2013

  • Codes CREF : Langues et littératures d'Asie du sud et du sud-est, chinois (DI536Q), Traduction (DI5326), Sciences humaines (DI5000)
Texte intégral :

Abstract(s) :

(Anglais) In 2000 and 2012 respectively Gao Xingjian and Mo Yan were awarded the Nobel Prize in Literature; this event enabled Chinese literature to come under the spotlights and reveal all its character, its richness and its complexity. Nonetheless, despite an increasing interest within the general public, we cannot but recognize that translations from the Chinese language still remain a niche market. In this article, we will attempt to show how a few translators have borne the great power and responsibility of selecting all the Chinese literary works to be offered to the French-speaking readership. We will see that, although aesthetic quality has naturally been taken into account, historical and political considerations have also played an important role in that business. The subversive, polemical or critical stance of many translated Chinese authors will therefore be emphasized. We will also investigate why a whole section of the contemporary Chinese literature has not been translated into French. Finally it will be considered whether translators, like some movie directors, have been inclined to making alterations, or whether on the contrary they have helped enhance the readers’ awareness on the Chinese reality.

(Français) Le prix Nobel reçu par Gao Xingjian en 2000 et plus encore celui reçu par Mo Yan en 2012 ont donné un coup de projecteur sur la littérature chinoise et en ont révélé la singularité, la richesse et la complexité. L’édition 2009 de la foire du livre de Francfort consacrée à la Chine et l’année linguistique croisée franco-chinoise 2011-2012 ont également participé à la prise de conscience du public occidental et francophone vis-à-vis de la littérature de l’Empire du Milieu et de la problématique de sa traduction. Malgré un engouement croissant pour les œuvres sinophones – non seulement de Chine populaire, mais aussi de Taïwan, Hong Kong et la diaspora –, force est de constater que l’offre en traductions françaises de ces œuvres reste une goutte d’eau dans l’océan que représente la littérature chinoise contemporaine, et que les ventes, sans être confidentielles, sont bien loin de rivaliser avec celles des bestsellers anglo-saxons. Dans cette communication, nous tenterons de montrer combien une poignée de traducteurs professionnels détient le grand pouvoir et l’énorme responsabilité de sélectionner la totalité des œuvres littéraires chinoises susceptibles d’être soumises au lectorat francophone. Nous verrons que, si la qualité esthétique des œuvres entre bien évidemment en ligne de compte, des considérations d’ordre historique et surtout politique jouent également un rôle prépondérant dans cette sélection. Ainsi mettrons-nous en avant l’absence (singulière ?) des ouvrages chinois rédigés entre 1949 et 1976 dans les libraires occidentales, alors que bon nombre des romans traitant de cette période rédigés à partir des années 1980 suscitent l’intérêt certain de lecteurs francophones curieux de lire des récits d’expérience de cette époque troublée. En particulier, nous verrons comment la censure toujours exercée en Chine, la soif d’exotisme du lectorat occidental et l’ouverture du cinéma chinois – et le succès qu’il récolte en Occident – ont largement contribué à motiver certains choix, plus ou moins heureux. Nous mettrons notamment en relief le fait que bon nombre des auteurs contemporains traduits présentent un côté plus ou moins subversif, polémique ou plus généralement critique par rapport au régime ou à l’évolution de la société. A contrario, nous envisagerons aussi le soft power auquel se livre la Chine en promouvant sa langue et sa culture et la pression qu’il exerce pour la mondialisation de la littérature chinoise. Nous évoquerons les nouvelles difficultés que posent l’explosion des blogues et des réseaux sociaux – avec des personnalités comme Han Han – et l’émergence dans l’Empire du Milieu d’une littérature « commerciale de divertissement » et d’une « paralittérature » (polar, science-fiction…), nouvelles données qui recomposent totalement le paysage littéraire chinois au XXIe siècle, dans la sélection effectuée par les traducteurs et les stratégies adoptées par eux pour « adapter » les œuvres au goût occidental. Nous ouvrirons enfin la réflexion sur la question de savoir si les traducteurs du chinois sacrifient la fidélité à l’original sur l’autel de la naturalisation ou si au contraire ils contribuent – de manière parfois pédagogique – à améliorer la connaissance du lecteur sur la réalité du monde chinois.


Mots-clés :
  • (Anglais) patronage
  • (Anglais) mass readership
  • (Anglais) polysystem theory
  • (Anglais) translation policy
  • (Anglais) Chinese literature