DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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2021-12-03 - Colloque/Présentation - communication orale - Français - 19 page(s)

Brandelet Antoine , "Fiction, réalisme et représentation scientifique" in Le réalisme scientifique à l’aube du XXème siècle, Paris-Nanterre, France, 2021

  • Codes CREF : Philosophie des sciences (DI5462), Epistémologie (DI5460), Physique théorique et mathématique (DI1210), Philosophie (DI5400)
  • Unités de recherche UMONS : Philosophie et Histoire des Sciences (S808)
  • Instituts UMONS : Institut de recherche en sciences et technologies du langage (Langage), Institut de Recherche sur les Systèmes Complexes (Complexys)
Texte intégral :

Abstract(s) :

(Français) Le débat contemporain entre réalisme et antiréalisme scientifique se structure généralement autour d'un questionnement de la continuité historique : l'existence de changements théoriques radicaux ou de paradigm shifts kuhniens permet de formuler une méta-induction pessimiste souvent perçue comme un argument très fort à l'encontre de la position réaliste. L'une des stratégies réalistes pour résister à ce gambit historique consiste à rétablir une forme de continuité. C'est le cas du réalisme structural, qui admet des changements conceptuels en physique, mais insiste sur les régularités dans les lois et les théories au fur et à mesure de leurs remplacements successifs. Ces dernières années, la question de la représentation scientifique a attiré l'attention de nombreux philosophes et a fait l'objet de nombreuses discussions (voir par exemple le recueil d'articles édité par Mauricio Suárez : Fictions in science : philosophical essays on modeling and idealization, Routledge, 2009). De nombreuses conceptions s'opposent sur différents points d'analyse, mais la problématique s'articule généralement autour de la notion de modèle et de sa relation avec les théories scientifiques. La question centrale est donc : qu'est-ce qui fait qu'un modèle représente effectivement le système physique étudié ? Parmi les conceptions défendues, l'une repose sur une similitude entre le raisonnement à base de modèles et les œuvres de fiction. Cette vision fictionnelle des modèles fonde son analyse sur le concept de make-believe de Walton. Selon ses défenseurs, l'attitude du scientifique lorsqu'il utilise un modèle pour représenter un système physique est la même que lorsque nous sommes confrontés à une œuvre de fiction : nous faisons semblant de croire ce que le modèle décrit, même si nous savons que des approximations, des idéalisations ou des fictions y sont intégrées. Cette conception pose des questions à la fois sur la capacité explicative des modèles et sur leur ontologie, et le réalisme se trouve à nouveau, du moins en apparence, en mauvaise posture. Peut-on dès lors encore croire à l'existence des objets décrits par la physique ? Ou assiste-t-on à une dissolution générale des concepts physiques en de pures fictions ? Dans cette représentation, je montrerai comment l'approche fictionnelle permet d'articuler le débat sur le réalisme autour de la question de la représentation. J'insisterai sur l'importance de la prise en compte de la possibilité d'erreurs de représentation (misrepresentation) et sur les conséquences d'une telle conception sur la question de la continuité conceptuelle en physique.