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2019-11-13 - Colloque/Présentation - communication orale - Français - 26 page(s)

Bayle David , "La représentation non-figurative dans le langage comme vecteur d’un message somatique pour la transmission d’une ambiance dans la conception architecturale" in Séminaire inaugurale EDT 62, Bruxelles, Belgique, 2019

  • Codes CREF : Architecture et art urbain (DI5221)
  • Unités de recherche UMONS : Conception architecturale (A510), Génie Architectural et Urbain (F803)
  • Instituts UMONS : Institut de recherche en sciences et technologies du langage (Langage)
  • Centres UMONS : Urbanisation Revitalisation Bâtiment Architecture Innovations Espaces (URBAINE)
Texte intégral :

Abstract(s) :

(Français) David Bayle / Abstract EDT Novembre 2019 La représentation non-figurative dans le langage comme vecteur d’un message somatique pour la transmission d’une ambiance dans la conception architecturale Est-ce l’architecture qui crée une ambiance ou l’ambiance qui crée de l’architecture ? Tenter de résoudre ce paradoxe ne serait que succomber à l’opposition entre les architectes et les phénoménologues, qui essaieraient de définir un axe de réflexion unique sur les choses. Notre travail vise à lier ces notions d’architecture et d’ambiance, au travers de leurs rapports à l’expérience et la représentation. L’architecture est complexe à appréhender, à concevoir et à représenter1. À la fois, le produit de contextes, d’histoires, d’usages, de matérialités et de technicités, elle est aussi bousculée tout au long de sa vie par les forces qui l’habitent et l’entourent. C’est dans ce constat que, comme Bruno Latour2, nous concevons l’architecture comme un milieu construit qui dépend d’un ensemble de dimensions mouvantes qui la compose. La perception de l’observateur s’appuie tant sur l’univers physique que sur la dimension mentale pour appréhender ce qu’on appelle l’ambiance3. L’architecture dans sa dimension ambiantale se voit donc sortir de sa considération statique. L’architecture est le plus souvent liée à l’espace euclidien4 dans sa représentation. L’ambiance quant à elle, est désignée par son caractère immatériel et peine à trouver une représentation qui lui soit propre et à la portée de tous. La représentation est le fruit d’une volonté de communiquer des informations via des codes. Bien qu’étant l’expression d’un détachement du milieu construit, elle permet de refléter une pensée et les expériences qui lui seraient associées. Le perfectionnement des techniques et la création de nouveaux outils n’ont de cesse d’améliorer ses caractères descriptifs et évocateurs. Il est néanmoins plus difficile de trouver une forme de représentation qui peut évoquer un élément non tangible et personnel. Autant, la représentation d’un élément matériel et limité revient à reproduire la figure avec plus ou moins de précision, autant pour une ambiance, par son caractère non délimité, le recours à la figuration peut être remis en cause. Ce recours systématique questionne la représentation en architecture au regard de l’évocation d’une ambiance. Dans la mésologie, l’étude des milieux, Augustin Berque nous invite à requalifier de manière ontologique notre rapport au vivant et sortir du dualisme créé par Descartes5. Il nous y explique que notre regard est contenu dans notre rapport à notre culture. Nous avons évacué une perception sensible des choses depuis que nous nous sommes laissé aller dans le tout scientifique, dans l’exactitude des choses, car nous nous sommes écartés du réel. À trop représenter, on ne vit plus les choses. Il pousse à regarder les choses d’une autre manière ou du moins à les regarder en rapport à leurs milieux. Il y a donc nécessité d’adapter la représentation aux récepteurs pour y retrouver un message sensible. Ce questionnement nous amène à réfléchir dans le cadre de ma thèse sur la nécessité de justesse de la représentation dans sa faculté à évoquer une expérience. Doit-on perfectionner sans cesse la précision de la description d’une ambiance ou davantage évoquer celle-ci ? Peut-on arriver à ressentir une expérience sans l’avoir vécue ? En interrogeant certains raisonnements, on comprend que le manque d’information issu de certaines imprécisions permet non pas de figurer un élément d’une plus grande précision, mais plutôt de rendre l’observateur, acteur du message pour ce qui lui permet de faire ressentir l’ambiance. Ainsi nous pourrions entrevoir l’hypothèse de l’élaboration d’une non figuration qui permettrait d’évoquer un message ambiantal pour être au plus juste de sa représentation. Quelles sont les limites de la représentation non figurative pour représenter une ambiance ? La nécessité de la figuration dans le processus de représentation du projet d’architecture est à remettre en question, dans le processus de conception et de communication. L’imprécision et l’imperfection permettent-elles de révéler une ambiance architecturaleet d’introduire plus d’expression sensorielle dans la communication ? Il y a lieu de reconsidérer notre rapport à l’information pour laisser la place à plus d’imprécisions et d’imperfections permettant de développer davantage l’imaginaire et notre approche aux milieux. 1 « Donnez-moi un fusil et je ferai bouger tous les bâtiments : le point de vue d’une fourmi sur l’architecture », Bruno Latour et Albena Yanevain in Geiser, Reto (ed.), Explorations in Architecture : Teaching, Design, Research, Basel : Birkhäuser, 2008 pp. 80-89, p. 1. 2 ibid., p. 2. 3 Thibaud, Jean-Paul. « Petite archéologie de la notion d'ambiance », Communications, vol. 90, no. 1, 2012, pp. 155-174. 4 ibid., p. 3. 5 « Ce qui est en cause, c’est la nature même de la pensée, dans toutes ses modalités ; c’est-à-dire dans le couplage dynamique de notre corps animal et de nos systèmes symboliques, autrement dit la vie de cet entrelieu/entrelien qu’est un milieu humain — le corps médial que nous habitons en commun, et qui habite, respectivement, notre corps animal. En somme, le milieu éco-techno-symbolique dont nous sommes habités, parce que nous sommes terrestres, et non pas abstraits. » issus de : Berque, « Coénoncer avec le vivant, réhabiter la Terre », Eymoutiers, France, 2019, p. 5 Faculté polytechnique de Mons (FPMS) / Service Génie Architectural et Urbain (GAU)/ inscription 2016


Mots-clés :
  • (Français) représentation
  • (Français) ambiances
  • (Français) figural
  • (Français) esthétique
  • (Français) architecture