DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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(titres de publication, de périodique et noms de colloque inclus)
2021-02-01 - Colloque/Présentation - communication orale - Français - page(s)

Denis Jennifer , "Perspectives systémiques dans le travail de crise" in Journée d'études du Centre d'Etudes de la Famille et des Systèmes, Bruxelles, Belgque, 2021

  • Codes CREF : Psychopathologie (DI3513), Psychothérapie (DI3526), Psychiatrie (DI3521), Psychologie clinique (DI3524)
  • Unités de recherche UMONS : Psychologie clinique systémique et psychodynamique (P351)
  • Instituts UMONS : Institut des Sciences et Technologies de la Santé (Santé), Institut de Recherche sur les Systèmes Complexes (Complexys)
  • Centres UMONS : Mind & Health (CREMH)

Abstract(s) :

(Français) Les prises en charge cliniques de crise visent à intervenir auprès de patients en situation de détresse psychologique aigüe. La crise, rappelons-le, s’active sur des problématiques psychiques, mais surtout relationnelles. Elle n’est nullement synonyme de maladie mentale. Elle oscille en intensité et se rencontre dans des espaces de soins fort variés (e.a services d’urgences, SSM, cabinet privé). Dans nos travaux de recherche et notre clinique, nous pointons la nécessité d’intégrer les proches considérés tantôt comme des ressources externes à la compréhension du phénomène de crise ; tantôt comme des initiateurs ou accélérateurs du processus de crise. Les proches sont donc des partenaires essentiels pour une meilleure résolution de l’état de crise. D’une part, parce qu’ils souffrent, eux aussi, de l’état paroxystique de désorganisation psychique du patient dit « désigné » et d’autre part, car ils sont eux-mêmes, directement ou indirectement, au centre de ce qui a fait crise. Dans tous les cas, il s’agit de comprendre comment le patient — et ses proches— en sont arrivés là et comment ils peuvent se dégager de cette crise que nous percevons pleinement comme un moment « fécond » pour amorcer un changement. À ce jour, l’efficacité des interventions de crise et du travail clinique de crise n’est plus à prouver. En effet, ce type de traitement permet de réduire significativement le nombre d’hospitalisations. Notre communication visera notamment à décrire le phénomène de « crise psychique » mais surtout, à distinguer l’ « intervention de crise », du « travail clinique de crise ». Nous verrons comment le travail clinique de rééquilibrage de l’état de crise peut s’élaborer au contact des systèmes autour du patient et ce, dans le but d’amorcer de véritables changements relationnels. En matinée, nous développerons des conceptualisations théoriques reflétant des modèles de crise intéressants pour le clinicien et le psychothérapeute. Nous aborderons également les recherches scientifiques dans le domaine afin d’étayer notre propos. Nous démontrerons comment le patient et ses proches peuvent s’approprier de nouvelles stratégies de résolution de problèmes suite à ce type d’interventions brèves intensives et comment ils acquièrent une meilleure compréhension de leur fonctionnement, individuel et relationnel, dans le but de prévenir d’éventuelles nouvelles crises. Dans une perspective d’enseigner plus concrètement les principes et techniques thérapeutiques du travail clinique de crise, nous illustrerons, en après-midi, des situations cliniques grâce à l’outil vidéo ou à l’aide d’extraits de film. Nous travaillerons sur ce qui fait crise (e.a. élaboration des hypothèses de crise) et la manière d’ouvrir le dialogue autour de la crise; sur les facteurs déclencheurs et les questions non partagées par les membres de la famille ou du réseau; sur la manière de mobiliser les systèmes (e.a. famille, amis, sphère médicale), sur l’émergence des capacités de mentalisation, et encore, sur la mobilisation des ressources internes et l’importance du travail en réseau pour une meilleure continuité des soins.