DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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(titres de publication, de périodique et noms de colloque inclus)
2016-10-18 - Colloque/Présentation - communication orale - Français - 30 page(s)

Mahy Benoît , Rycx François, Vermeylen Guillaume , "Les Travailleurs sur-éduqués/sur-qualifiés: quel bénéfice pour les entreprises et les travailleurs?" in Journée d’étude « La relation productivité – salaires en 5 questions », Namur (IWEPS), Belgique, 2016

  • Codes CREF : Economie du travail et de la population (DI4353), Gestion des ressources humaines (DI4366)
  • Unités de recherche UMONS : Analyse économique du travail (W718)
  • Instituts UMONS : Institut de Recherche en Développement Humain et des Organisations (HumanOrg)
  • Centres UMONS : Economie Appliquée (CREA)

Abstract(s) :

(Français) Cette question sera abordée au travers de deux contributions : la première étudie l’effet de la sur-éducation sur les profits de la firme, la seconde sur les salaires des travailleurs. Plus précisément, la première contribution fait état des effets directs des normes éducatives et de l'inadéquation de l’éducation – c’est-à-dire inadéquation entre éducation requise à l’embauche et effective dans la firme - sur le résultat net des entreprises selon différents environnements de travail. Pour ce faire, nous utilisons une riche base de données de panel appareillées employeurs-employés, nous nous basons sur l'approche méthodologique proposée par Hellerstein et al. (1999) et estimons des modèles dynamiques de données de panel au niveau de la firme. Nos résultats montrent un profil de rentabilité en "L inversé" : une sous-éducation va de pair avec des bénéfices moindres, tandis que des niveaux plus élevés d'éducation normale et de sur-éducation donnent lieu à des profits positifs de niveaux comparables. Ces effets sont amplifiés dans les entreprises traversant une période d'incertitude économique ou opérant dans les secteurs de haute technologie. La deuxième étudie l'impact de l'inadéquation de l’éducation et des compétences - requises à l’embauche et effectives dans la firme - sur les salaires des travailleurs en utilisant une base de données paneuropéenne unique couvrant vingt-huit pays pour 2014, à savoir l'enquête European Skills and Jobs (ESJ, enquête sur les emplois et les compétences dans l'UE) du CEDEFOP. Elle examine en outre si cette relation varie en fonction des origines du travailleur (né dans le pays ou immigré). Globalement, les résultats indiquent un désavantage salarial causé par la sur-éducation. Lorsque l'on affine ensuite l’effet de l'inadéquation de l’éducation en utilisant trois indicateurs (adéquation apparente, sur-éducation apparente et sur-éducation réelle), permettant de prendre alors en compte l'inadéquation en termes de compétences, les résultats montrent que ce sont les travailleurs à la fois plus éduqués et plus qualifiés qui sont les plus pénalisés au plan salarial. Lorsque l'on compare les travailleurs nés dans le pays aux travailleurs immigrés, on constate que les immigrés souffrent d’un désavantage salarial légèrement plus élevé s'ils sont sur-éduqués, désavantage quelque peu renforcé s'ils sont également surqualifiés. Ces résultats sont robustes à une possible endogénéité des variables d'inadéquation de l’éducation et des compétences.