DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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2019-05-15 - Colloque/Présentation - poster - Français - page(s)

Roland Virginie , Delvaux Véronique , Huet Kathy , Piccaluga Myriam , Harmegnies Bernard , "Etude des propriétés acoustiques des voyelles et de la dynamique de la parole dans la maladie de Parkinson" in Huitièmes journées de phonétique clinique, 121-123, Mons, Belgique, 2019

  • Codes CREF : Métrologie (DI2160), Phonétique (DI5312), Acoustique (DI1264), Psychologie (DI4200)
  • Unités de recherche UMONS : Métrologie et Sciences du langage (P362)
  • Instituts UMONS : Institut de recherche en sciences et technologies du langage (Langage)

Abstract(s) :

(Français) La maladie de Parkinson (MP) est une maladie neurodégénérative courante pouvant affecter la parole des personnes qui en souffrent. Selon certains auteurs, ces troubles sont susceptibles de se développer au cours de la maladie chez plus de 90% des personnes atteintes. Ce sont notamment les consonnes occlusives et fricatives qui présentent le plus de distorsions, probablement en raison de la réduction de l'amplitude et de la force du mouvement articulatoire. La réalisation de mouvements hypokinétiques pourrait ainsi venir compenser la bradykinésie présente dans la MP3. Dès lors, la précision articulatoire ainsi que la distance acoustique entre les phonèmes se trouvent réduites. En français, la production de certains phonèmes requiert la réalisation de mouvements articulatoires particulièrement contrôlés6. Ainsi, la production des glides /j/ et /w/, résultant en l’évolution permanente du timbre en cours de production, nécessite le contrôle fin d’un mouvement continu. Or, peu d’études se sont centrées jusqu’à présent sur les caractéristiques de ces phonèmes. Logemann et Fischer suggèrent que ceux-ci seraient relativement bien préservés dans la MP, contrairement à la production de consonnes occlusives. Gabbert-Downs et al. présentent également des résultats similaires. Or, dans une précédente étude menée auprès de 9 personnes atteintes de la MP et de 10 sujets sains, une réduction significative de l’amplitude des mouvements articulatoires lors de la production de VC[glide]V apparaissait chez les sujets MP. Afin de décrire l’amplitude du mouvement lors de la production de glides et de voyelles, nous étudions, via l’acoustique, la parole de 63 sujets parkinsoniens (36 H et 27 F, âge m = 70 ans) ainsi que celle d’un groupe de sujets contrôles à partir d’un protocole spécifique incluant diverses tâches dont la production isolée puis soutenue des voyelles orales périphériques de l’espace vocalique /a, i, u/, la production de logatomes de structure VC[glide]V (où la voyelle est tour à tour une des voyelles cardinales et où la consonne est un glide /j/ ou /w/ - exemple : /aju/) ainsi que la répétition de diadococinésies orale /pataka/ et nasale /pãtãkã/. Les participants atteints de la MP présentent un éventail complet de l’ensemble des stades de la maladie (0 à 5 sur l’échelle de Hoehn et Yahr). Afin d’étudier l’organisation du système vocalique, nous calculerons plusieurs métriques acoustiques, telles que l’aire de l’espace vocalique (VSA), l’indice phi10 ou encore le ratio de centralisation des formants (FCR). Les analyses sont en cours mais les résultats préliminaires montrent une variabilité interindividuelle accrue chez les sujets MP ainsi qu’une organisation du système vocalique (calculée à partir de l’indice phi) très variable. Un de nos objectifs sera de déterminer si certains indicateurs (stade, durée de la MP, âge au moment du diagnostic, etc.) permettent d’objectiver ces phénomènes. L’écoute des productions de VC[glide]V laisse quant à elle entrevoir des stratégies distinctes entre les deux groupes afin d’atteindre les cibles articulatoires. Afin de les étudier, des tracés de pentes formantiques (F2) seront examinés en s’inspirant notamment de la technique d’analyse de Martel-Sauvageau et Tjaden. Ces résultats nous permettront d’étudier de manière plus étendue la précision et la dynamique acoustique lors de la production de sons de parole chez les sujets MP comparativement à un groupe de sujets contrôles.