DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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2016-08-26 - Colloque/Présentation - communication orale - Français - 52 page(s)

Rasmont Pierre , "Changements climatiques et avenir de l'humanité" in Congrès des Professeurs de Sciences, Louvain-la-Neuve, Belgique, 2016

  • Codes CREF : Biologie (DI3100), Ecologie (DI3123), Ecoclimatologie (DI3615)
  • Unités de recherche UMONS : Zoologie (S869)
  • Instituts UMONS : Institut des Biosciences (Biosciences)
  • Centres UMONS : Biosys (BIOSYS)
Texte intégral :

Abstract(s) :

(Français) De manière inexorable, les ressources de carburant fossile s'épuisent petit à petit, de telle sorte que bien avant la fin de ce siècle, elles deviendront toutes inexploitables. Aucune ressource énergétique prévisible n'apparaît capable de remplacer ces combustibles fossiles de manière significative. S'il est aisé de comprendre que les modes de transports et le chauffage seront totalement renouvelés, il est plus difficile que nos ressources alimentaires elles-mêmes seront profondément réduites. Même si des ressources fossiles supplémentaires permettaient de prolonger notre civilisation quelque peu, les perturbations climatiques provoquées par plusieurs gaz à effet de serre modifieront drastiquement notre climat. Quelque soit les choix politiques, même le plus favorable des scénarios réalistes annoncent une perturbation considérable de notre climat. Ainsi, le réchauffement global devrait mener à une situation qui rendrait impossible l'agriculture européenne au sud de la latitude de Bordeaux. Quoi que nous fassions, l'humanité ne pourra plus nourrir ses enfants. Combien d'êtres humains notre terre pourra-t-elle supporter à l'aube du 22ème siècle ? Les prévisions optimistes tablent sur 2 milliards, les plus pessimistes évoquent des chiffres aussi bas qu'un milliard ou même beaucoup moins. En 1973, le Club de Rome avait modélisé l'évolution des ressources du 21ème siècle à partir de cette date initiale. 30 ans plus tard, il a été possible de vérifier ces modélisations sur la base des mesures réelles. Ces mesures valident largement le scénario moyen du Club de Rome. Le croisement des ressources et de la population totale du globe est attendu entre 2030 et 2050. Le Club de Rome avait bien souligné les risques provoqués par l'augmentation des pollutions mais sans identifier le risque particulier induits par les gaz à effet de serre. Ceux-ci ajoutent aux risques d'effondrement des ressources, celui, bien plus menaçant, d'un déplacement majeur des zones écoclimatiques. Les statistiques détaillées du GIEC ont permis de préparer des scénarios d'évolution des paramètres écoclimatiques. Trois scénarios principaux peuvent être reconnus: SEDG (augmentation de 2,4°C en 2100, basé sur une approche exagérément optimiste); BAMBU (augmentation de 3,1°C sur base d'une combinaison moyenne de mesures de réductions des émissions et de développement économique); GRAS (augmentation de 4,1°C sur base d'un développemetn économique continu). En se basant sur une modélisation de la distribution des bourdons, on peut constater que les deux scénarios les plus vraisemblables BAMBU et GRAS mènent à une Europe à climat sub-saharien en dessus de la latitude de Bordeaux (45°C). Les bouleversement considérables de la faune, de la flore, de l'agriculture et des peuplements humains impliquent une considérable remise en cause de notre civilisation. L'histoire du 20ème siècle a été celle de guerres incessantes pour le partage de richesses croissantes afin de nourrir nos familles nombreuses. L'histoire du 21ème siècle sera très probablement marquée par une lutte mortelle pour des ressources raréfiées dans l'espoir de sauver une descendance clairsemée.