DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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(titres de publication, de périodique et noms de colloque inclus)
2013-10-26 - Vulgarisation/Presse écrite - Français - 1 page(s)

Giuliano Romina , "Egalité des sexes : réalité ou utopie ?", Journal , La Libre Belgique

  • Codes CREF : Gestion des ressources humaines (DI4366)
  • Unités de recherche UMONS : Analyse économique du travail (W718)
  • Instituts UMONS : Institut de Recherche en Développement Humain et des Organisations (HumanOrg)
  • Centres UMONS : Economie Appliquée (CREA)

Abstract(s) :

(Français) L’emploi continue à se féminiser de plus en plus. En effet, les femmes franchissent plus facilement les postes à hautes responsabilités comme les fonctions de cadres, les fonctions de directeurs administratifs ou techniques,… En France, en 2007, 30 % des cadres d’état-major étaient représentés par des femmes, alors qu’à la fin des années 90, celles-ci ne représentaient que 14 % (Insee, enquête emploi, 2012). Néanmoins, de nos jours, nombreuses sont encore les personnes qui pensent que l’égalité des sexes sur le marché de l’emploi est une chose acquise. Beaucoup d’études statistiques montrent qu’il existe encore des différences entre les hommes et les femmes dans le milieu professionnel. Ces différences se présentent généralement par des rôles distincts qui leur sont attribués par la société. Sur base des mœurs, les employeurs ont tendance à garder une certaine discrimination envers le sexe opposé, car ce phénomène a toujours existé. C’est ce qu’on appelle de la discrimination pure. Si, dans certains pays, l’égalité hommes-femmes commence à se stabiliser, il ne fait aucun doute que dans d’autres pays, cela reste encore un phénomène à résoudre. En effet, les inégalités des genres prennent des proportions différentes en fonction de la culture du pays. Les Etats-Unis se caractérisent par une plus grande mobilité de la main-d’œuvre entre les entreprises et plus d’inégalité salariale intraentreprise, généralement liée à des distinctions d’emploi. Au Japon, les systèmes de salaire dépendent de la formation sur le tas et de la graduation professionnelle plutôt que sur le titre du poste. Comparativement aux Etats-Unis, les femmes japonaises ont un accès limité aux postes de direction et sont plus susceptibles de quitter le marché du travail au moment du mariage. Au Maroc, il existe encore de nombreuses discriminations subies par les femmes, notamment au niveau de l’éducation, et l’écart est encore plus important entre le milieu urbain et rural dans lequel la majorité des analphabètes sont des femmes. En France, nombreux sont les débats sur les inégalités professionnelles hommes-femmes. En effet, d’après Isabelle Boucherat, représentante syndicale de la CGT à la Société Générale, "plus on monte dans les niveaux de hiérarchie, plus les écarts salariaux se creusent. Il faut encore changer les mentalités". En Belgique, malgré une importante législation anti-discrimination et de promotion de l’égalité entre femmes et hommes dans le domaine du travail, il existe encore des discriminations envers les femmes. Une femme gagnerait en moyenne 9 % de moins par heure que son homologue masculin, et ce, pour tous secteurs confondus. Lorsque l’écart est calculé sur une base annuelle, la différence s’élève à 22 %. Les écarts salariaux horaires diffèrent de façon plus ou moins importante en fonction du statut professionnel. Selon l’enquête sur la structure et la répartition des salaires (2012), l’écart salarial entre les hommes et les femmes est de 24 % pour les employés, 15 % pour les ouvriers, 5 % pour les contractuels et légèrement négatif pour les fonctionnaires statutaires. En ce qui concerne les salaires mensuels bruts des travailleurs à temps plein, en 2009, les femmes gagnaient en moyenne 320 euros de moins que les hommes. Au niveau des avantages extralégaux, 48 % des femmes reçoivent une indemnisation pour leur déplacement contre 55 % des hommes. De plus, les hommes percevraient une indemnisation plus élevée de 28 % par rapport aux femmes. Aussi, 0,64 % des hommes perçoivent des options (valeur de 7 192,25 euros) sur les actions de la part de leur employeur contre 0,23 % des femmes (valeur de 4 745,96 euros). Les stratégies ayant pour ambition de renforcer l’égalité des femmes et des hommes dans la société (appelées "gender mainstreaming") ont permis des améliorations pour que les femmes puissent bénéficier des mêmes droits que les hommes. Or, dans les faits, les inégalités persistent, car il est généralement difficile d’effacer des années de domination masculine. Dans notre société, nombreux sont les mécanismes qui participent à la reproduction des rôles masculins/féminins dans lesquels les hommes entretiennent toujours un rapport de force envers les femmes. D’ailleurs, comme l’a dit un jour Monstesquieu : "Les hommes naissent bien dans l’égalité, mais ils n’y sauraient demeurer..." A méditer !

Notes :
  • (Anglais) Disponible également sur le site internet: http://www.lalibre.be/economie/libre-entreprise/egalite-des-sexes-realite-ou-utopie-526b3ace35708def0d944513