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(titres de publication, de périodique et noms de colloque inclus)
2021-09-02 - Colloque/Présentation - communication orale - Français - 29 page(s) (Soumise)

Fragomeli Veronica , "« Malaise » numérique et vulnérabilité territoriale" in 57ème colloque de l’Association de Science Régionale de Langue Française (ASRDLF), Avignon, France, 2021

  • Codes CREF : Aménagement urbain (DI2652), Information et communication (DI4700)
  • Unités de recherche UMONS : Projets, Ville et Territoire (A520)
  • Instituts UMONS : Institut de Recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociétaux et territoriaux (Soci&Ter)
  • Centres UMONS : Urbanisation Revitalisation Bâtiment Architecture Innovations Espaces (URBAINE)
Texte intégral :

Abstract(s) :

(Français) Dans la littérature, la plupart des exemples d’usage du numérique dans la sphère de l’habiter domestique, concernent l’application des technologies numériques dans un environnement où les destinataires finaux sont demandeurs de ces technologies (Duss & Salamolard, 2005). A l’échelle plus vaste, la plupart du temps, la mise en place des technologies numériques est opérée sans consultation de l’usager par uniformisation des équipements territoriaux ou projets politiques. S’intéresser aux usagers est pourtant dans certaines études ou programmes politiques un nouvel objectif en vue de faire de l’innovation sociale (Badillo & Pélissier, 2015). Malgré toutes les campagnes politiques ou territoriales ayant pour ambition le déploiement massif du numérique, la question de l’«habiter numérique » reste peu traitée par rapport aux usagers et encore moins par rapport aux usagers défavorisés. Malgré quelques études intéressantes menées, à l’échelle domestique, auprès de locataires de bailleurs sociaux, comme par exemple au travers du projet SHOWE-IT qui a impliqué trois pays européens dont la France (Villot & Zoonnekindt, 2014), une considération des usages numériques de l’habiter sur une échelle plus vaste est manquante. Afin d’essayer de combler ces lacunes de la littérature, nous nous intéressons aux pratiques numériques de l’habiter, à l’échelle habitat-quartier, dans les territoires défavorisés, notamment dans le bassin minier. Le Bassin minier est décrit comme un territoire à réparer (Mariolle, Fiori, & Poli, 2019) suite à son passé industriel avec la fermeture de l’activité d’extraction du charbon. De nombreux enjeux sont attendus sur ce territoire et encore davantage suivant le contexte actuel du monde en transition multiple. Dans le cadre d’un projet de recherche en cours (le projet RHS), nous avons mené une première étude exploratoire. RHS Réseaux Hainaut Solidaire est un projet de recherche Interreg localisé sur le bassin minier de la région transfrontalière franco-belge dont les objectifs sont d’améliorer l’image du territoire et de favoriser la cohésion sociale, via notamment un axe numérique. Notre étude exploratoire visant à recueillir les comportements numériques des habitants de trois quartiers-cible, a fait émerger une certaine réticence au numérique. Un « malaise » est ressenti également auprès des acteurs sociaux de terrain. Le constat concerne aussi bien les habitants que les travailleurs sociaux, c’est-à-dire les acteurs impliqués dans les projets de revitalisation des quartiers. Dès lors, avant même de questionner les pratiques, voire l’impact du numérique par rapport aux modes de vie, il nous a semblé pertinent d’interroger les raisons des freins existants à l’acceptation même du numérique de la part des parties prenantes de ces quartiers. L’approfondissement du problème de réception numérique apparait ainsi crucial pour le territoire. Certes, les habitants des quartiers étudiés, sont en situation de fragilité socio-économique. Cette situation socio-économique figure aussi dans tout le bassin minier (Diagnostic territorial du bassin minier, 2013). Nous pouvons dès lors, nous poser la question de voir si cette fragilité participe aux différentes modalités de réception du numérique, notamment au malaise ressenti. Mais quelles sont les autres particularités du territoire qui freinent l’acceptabilité du numérique ? Quelles sont les natures du blocage ? Sont-elles liées aux caractéristiques du bassin minier ? Ou bien aux habitants ? Ou aux travailleurs sociaux ? S’agit-il de fracture numérique ou y-a t’il autre chose en dessous ? Nous posons l’hypothèse que le malaise ressenti face au numérique dépend de la vulnérabilité du système territoire/usagers/numérique. La fragilité socio-économique présente sur le territoire minier et le manque d’accessibilité au numérique (manque d’infrastructures, de compétences et de culture numérique sur l’amélioration des « conditions de vie ») (Beauchamps, 2009) (Granjon, 2004) donnent lieu à deux fragilités interagissant l’une sur l’autre alimentant ainsi les freins ressentis par rapport au numérique. La vulnérabilité résulte de l’ensemble de ces fragilités. Une approche empirique, par une démarche plurielle croisant à la fois des méthodes qualitatives (observation, entretiens semi-directifs et questionnaires) et des méthodes quantitatives (nombre d’occurrence, pourcentage par catégories, moyenne, écart-type, mesure sur échelle, …), de recueil et traitement de données, permet de valider notre hypothèse et de fournir les éléments de réponses afin de dépasser les freins au numérique. Mots-clés vulnérabilité, bassin minier, système habitat-quartier, services numériques, fracture numérique