DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

Recherche transversale
Rechercher
(titres de publication, de périodique et noms de colloque inclus)
2018-03-21 - Colloque/Présentation - communication orale - Français - page(s)

Rouabhi Leila, Grosjean Philippe , Rouane Hassene Omar, Richir Jonathan , "Suivi de la bioaccumulation de métaux traces dans la moule Mytilus galloprovincialis dans la région ouest algérienne" in Septième Colloque International Sciences & Environnement, 30, Bizerte, Tunisie, 2018

  • Codes CREF : Océanographie biologique (DI3191)
  • Unités de recherche UMONS : Ecologie numérique des milieux aquatiques (S807)
  • Instituts UMONS : Institut de Recherche sur les Systèmes Complexes (Complexys), Institut des Biosciences (Biosciences)
Texte intégral :

Abstract(s) :

(Anglais) L’Algérie est un pays côtier qui n’échappe pas aux pressions anthropiques multiples dont la pollution environnementale liée au développement démesuré de son littoral. Les contaminants notamment issus des rejets urbains, agricoles et industriels impactent de manière croissante les écosystèmes aquatiques algériens. Ainsi, au niveau de la baie d’Oran, près de 80% des eaux usées sont rejetés en mer ou dans les oueds sans traitement préalable. A travers cette étude, nous avons évalué le degré de contamination du littoral algérien par les métaux traces : Zn, Cu, Pb, Fe et Ni. Nous avons réalisé un suivi saisonnier en 2010 de leurs bioaccumulation dans la moule Mytilus galloprovincialis prélevées en deux sites contrastés : le port d’Oran (site contaminé) et Ain Defla (Kristel) (site de référence). Les concentrations en métaux traces ont été mesurées par spectrophotométrie d’absorption atomique dans les branchies et les gonades de moules de 3 à 6 cm et dans des individus entiers (n = 30). Les résultats obtenus montrent que le port d’Oran est un site très contaminé, spécialement pour le Fe, le Zn et le Ni avec des concentrations de l’ordre de 66.57 ± 0.18, 31.31 ± 0.37 et 13.68 ± 0.07 ppm, respectivement dans les deux organes confondus. Les concentrations mesurées à Ain Defla pour ces mêmes métaux sont de 54.48 ± 0.15, 29.52 ± 0.63 et 2.92 ± 0.03 ppm, respectivement. Des différences du même ordre entre les deux sites ont été mesurées également dans les organismes entiers. Seul le Pb présente des concentrations plus élevées dans les branchies des moules prélevées à Ain Defla, soit 3.91 ± 0.29 ppm. Il existe une différence significative (p < 0.05) entre la bioaccumulation des métaux dans les deux organes du site de référence. Ainsi, à Ain Defla, le Fe, le Zn et le Cu sont plus concentrés dans les branchies (46.91 ± 1.60, 25.6 ± 1.07 et 2.68 ± 0.50 ppm, respectivement) que dans les gonades (29.06 ± 1.07, 21.76 ± 1.46 et 1.44 ± 0.20 ppm, respectivement). Dans le site contaminé du port d’Oran, seul le Zn présente des concentrations significativement différentes (p < 0.05) entre les deux tissus, avec des niveaux plus élevés dans les gonades. Chaque métal présente un cycle saisonnier de variation, avec des niveaux élevés durant les saisons hivernales et printanières dans les branchies et la moule entière et durant la saison printanière dans les gonades. La cinétique de bioaccumulation dans les branchies est par ailleurs similaire à celle de l’organisme entier (concentrations plus élevée en hiver) . La forte contamination du port d’Oran par les métaux traces révèle la nécessité d’un suivi écotoxicologique à plus grande échelle du littoral algérien. Or, un tel suivi y est actuellement quasi inexistant. Les branchies jouent un rôle dans la respiration, la filtration et l’excrétion. En tant qu’organe le plus exposé aux contaminants. On lui attribue donc souvent le rôle de tissu le plus approprié pour la biosurveillance. Dans des conditions de fortes contaminations telles que mesurées dans le port d’Oran, les différences tissulaires s’estompent néanmoins. Par ailleurs, M. galloprovincialis étant consommée par les populations locales, le suivi des teneurs en contaminants dans l’organisme entier est une problématique phytosanitaire à considérer. Quant à l’augmentation saisonnière des teneurs en éléments métalliques, elle peut s’expliquer à la fois par des changements de leur biodisponibilité dans le milieu et par le cycle éco physiologique de la moule. Notre étude démontre que M. galloprovincialis se révèle un bioindicateur approprié pour le monitoring de la contamination métallique des côtes algériennes, en prenant soin de normaliser son utilisation (taille, tissu, saison).


Mots-clés :
  • (Anglais) bioaccumulation
  • (Anglais) Mytilus galloprovincialis