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2014-08-26 - Colloque/Présentation - communication orale - Français - 12 page(s)

Henrard Sébastien, Van Daele Agnès , "L’interprétation de conférence préserve-t-elle du déclin cognitif ?" in le 18ème congrès de l’Association Internationale de Psychologie du Travail de Langue Française (AIPTLF), Florence, Italie, 2014

  • Codes CREF : Psychologie du travail (DI4270), Psychologie cognitive (DI4211)
  • Unités de recherche UMONS : Psychologie du travail (P357)
  • Instituts UMONS : Institut de Recherche en Développement Humain et des Organisations (HumanOrg)
Texte intégral :

Abstract(s) :

(Français) Introduction Le vieillissement normal est caractérisé par un déclin des fonctions cognitives. Les fonctions exécutives sont parmi les premières à décliner avec l’âge et ce, dès la troisième décennie de vie (Colette et Salmon, 2013). Ces dernières années, l’idée que le style de vie puisse affecter le fonctionnement cognitif s’est largement développée. Plusieurs travaux se sont intéressés à des activités pouvant offrir une « protection » contre le déclin cognitif et une partie de ces travaux se sont centrés sur l’activité de travail (Gajewski et al., 2010 ; Nunes et Kramer, 2009). Plusieurs auteurs ont alors émis l’hypothèse qu’une activité de travail stimulante, mettant en œuvre régulièrement et intensivement certaines fonctions cognitives, permettrait un maintien de celles-ci avec l’avancée en âge (Marquié, 1997 ; Salthouse, 1990). Pour confirmer cette hypothèse de préservation, les résultats obtenus doivent satisfaire deux conditions. Premièrement, ils doivent montrer que l’âge n’a pas le même effet chez des personnes exerçant des activités professionnelles différentes. Deuxièmement, au sein du groupe professionnel où on cherche à montrer l’existence du maintien des fonctions cognitives, il ne doit pas y avoir de lien entre l’âge et la performance aux tests évaluant ces fonctions cognitives. Dans ce contexte, l’objectif de notre recherche est de mettre à l’épreuve l’hypothèse de préservation des fonctions exécutives chez les interprètes de conférence. L’activité d’interprétariat de conférence est en effet décrite comme nécessitant la mise en œuvre régulière et intensive des fonctions exécutives (Moser-Mercer, 2010). Méthodologie 90 participants ont été répartis en trois groupes : 30 interprètes professionnels, 30 traducteurs professionnels et 30 monolingues. Les variables « âge » et « niveau socio-culturels » ont été contrôlées. L’âge des participants varie de 25 à 65 ans. Sur base du logiciel E-Prime 2.0, les participants ont été confrontés à trois tâches exécutives du modèle de Miyake (Miyake et al., 2000): Mémoire de lettres (fonction mise à jour), Plus-Minus (fonction flexibilité) et Anti-saccade (fonction inhibition). Pour tester l’hypothèse de préservation, une analyse de covariance a été réalisée. Quand nous obtenons une interaction âge*groupe, nous calculons des corrélations afin de déterminer la relation entre l’âge et la performance aux tâches pour chaque groupe. Résultats Pour la mise à jour de l’information, il y a une interaction âge*groupe (p = .001) indiquant une différence de pentes de régression entre les groupes. Les corrélations montrent que l’âge n’a pas de relation avec la performance chez les interprètes (r = .069 ; p = .718). Par contre, il y a une relation significative entre l’âge et la performance chez les traducteurs (r = -.454 ; p = .012) et chez les monolingues (r = -.642 ; p = .001). Pour l’inhibition, les résultats montrent également une interaction âge*groupe (p = .044). Les corrélations montrent que l’âge n’a pas de relation avec la performance chez les interprètes (r = -.338 ; p = .068) mais il y a une relation significative avec la performance chez les traducteurs (r = -.738 ; p = .001) et chez les monolingues (r = -.533 ; p = .002). En résumé, la performance à la tâche évaluant la flexibilité n’est influencée ni par l’âge, ni par le groupe. En ce qui concerne la mise à jour de l’information et l’inhibition, les résultats montrent que pour les interprètes de conférence, l’âge n’a pas d’effet significatif sur la performance aux tâches alors qu’il en a dans les deux autres groupes. Ces résultats vont dans le sens d’un maintien de ces deux fonctions exécutives avec l’avancée en âge chez les interprètes de conférence.