DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

Recherche transversale
Rechercher
(titres de publication, de périodique et noms de colloque inclus)
2020-07-17 - Colloque/Abstract - Français - 1 page(s)

Dubois Laurie-Anna , De sterke Joackim, Flandin Simon, "Les débriefings post-simulation dans les formations aux métiers de la sécurité et de l’urgence : quels usages ? Quelles pratiques ? Quelles perspectives d’optimisation ?" in Les XVIIèmes rencontres du Réseau international francophone de recherche en éducation et formation (REF 2022), Namur, Belgique, 2022

  • Codes CREF : Psychologie ergonomique (DI4271), Psychologie du travail (DI4270)
  • Unités de recherche UMONS : Psychologie du travail (P357)
  • Instituts UMONS : Institut de Recherche en Développement Humain et des Organisations (HumanOrg)
Texte intégral :

Abstract(s) :

(Français) Le débriefing (l’après) est l’une des trois phases habituelles par laquelle le formateur passe lors de la conduite d’une situation simulée, en plus du briefing (l’avant) et de la séance de simulation en tant que telle (le pendant) (Green, Tariq, & Green, 2016 ; Samurçay, 2009). Le débriefing est très souvent présenté comme une étape incontournable d’une formation par simulation au point qu’il est fréquent d’entendre : « Pas de simulation sans débriefing ! ». Cependant, derrière le débriefing se cache une activité complexe qui nécessite de la part du formateur la mobilisation de compétences spécifiques (Dieckmann, Molin Friis, Lippert, & Ostergaard, 2009). En effet, dans la pratique, celui-ci doit adapter le débriefing, tant en termes de contenu que de style, aux nombreuses contraintes et variables inhérentes au dispositif pédagogique en présence (objectifs d’apprentissage, déjà-là des participants, caractéristiques du scénario, présence ou non du formateur lors de l’analyse post-active, impératifs temporels et limites logistiques...). Il devient donc évident que définir le débriefing, et à plus forte raison dresser une liste de ses qualités attendues, ne peut s’opérer sans prise en considération de ses multiples facettes. Nombreux sont ceux (Fanning & Gaba, 2007 ; Gardner, 2013 ; Savoldelli, 2011 ; Sawyer, Eppich, Brett-Fleegler, Grant, & Cheng, 2016) qui affirment que le débriefing est bien plus qu’une discussion informelle se réduisant à un simple feedback correctif du formateur aux apprenants. Le débriefing n’est en effet pas que l’affaire de l’encadrant. Au contraire, il prend toute sa dimension et son sens dans l’interaction pédagogique ! Savoyant (2009) indique ainsi que le débriefing est souvent envisagé comme une étape permettant aux formés de se désengager d’une activité productive pour s’engager dans une activité constructive. L’activité du formateur lors du débriefing doit donc permettre d’explorer, d’expliciter, de questionner les raisonnements sous-jacents à l’activité des participants, et ce, afin de soit les valider, soit les déconstruire, pour mieux les reconstruire (Rudolph, Simon, Dufresne, & Raemer, 2006). En dépit des bonnes pratiques identifiées en matière de débriefings (Gardner, 2013 ; Horcik, 2014a, 2014b ; Savoldelli & Boet, 2013), plusieurs recherches (Labrucherie, 2011 ; Rogalski, Plat, & Antolin-Glenn, 2002 ; Salas & Cannon-Bowers, 2000) tendent à montrer que les formateurs (mêmes expérimentés) éprouvent des difficultés à observer, analyser et guider l’activité des apprenants en simulation, en ce compris lors des débriefings. Ceci s’avère notamment le cas pour bon nombre de formations renvoyant à des situations de travail dans lesquelles la gestion des risques est centrale (dont la gestion des risques pour l’opérateur lui- même) (Dubois, 2017). L’introduction d’outils technologiques tels que les applications d’analyse vidéo ne font qu’accroître les variables qu’il importe au formateur de maîtriser pour tirer le meilleur parti du débriefing. Enfin, l’absence d’initiative visant à produire des recommandations transdisciplinaires en matière de débriefing rendent les avancées 2 scientifiques et pédagogiques en la matière difficiles à diffuser et à adapter aux réalités opérationnelles des métiers de la sécurité et de l’urgence. Sur base de ces constats, ce symposium poursuit un double objectif. Premièrement, il s’agit de décrire l’usage que font les formateurs des débriefings post-simulation dans le cadre de formations professionnelles touchant différentes disciplines (pompiers, policiers, corps médical...) ; outre la richesse de disposer de plusieurs terrains de prises de données, cette diversité permet de questionner la manière dont ces contextes et leurs spécificités influencent l’activité des formateurs, et par conséquent leurs outils et pratiques de débriefing. Deuxièmement, nous visons une mise en débat de nos approches respectives de la problématique, en vue de dégager des pistes concrètes d’amélioration des pratiques actuelles de débriefings en simulation. Dans cette perspective, ce symposium réunira des chercheurs et des praticiens actifs dans le domaine et issus de divers horizons scientifiques (psychologie et sciences de l’éducation) et opérationnels (pompiers, policiers, corps médical...).