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2021-09-06 - Colloque/Présentation - communication orale - Français - page(s)

Henry Kevin , Hayette Manon, "De l’exploitation lexicographique des outils d’analyse de corpus pour les chengyu, phrasèmes du chinois mandarin" in Europhras 2021, UCLouvain, Belgique, 2021

  • Codes CREF : Linguistique appliquée (DI5320), Langues et littératures d'Asie du sud et du sud-est, chinois (DI536Q), Lexicologie (DI5316), Langue et littérature françaises (DI5365), Linguistique comparée (DI5327), Traduction (DI5326), Enseignement des langues étrangères (DI5328), Linguistique appliquée (DI5323)
  • Unités de recherche UMONS : Communication écrite (T203)
  • Instituts UMONS : Institut de recherche en sciences et technologies du langage (Langage)
  • Centres UMONS : Ciéphumons (CIEPH)
Texte intégral :

Abstract(s) :

(Français) Dans cette communication, qui s’inscrit dans une recherche doctorale, nous entendons étudier le traitement lexicographique des chengyu, unités phraséologiques typiques du chinois : "Les chengyu sont des structures intégratives du chinois mandarin, pouvant, contrairement aux autres phrasèmes de la langue, occuper n’importe quelle position fonctionnelle. Inscrites dans le patrimoine mémoriel des locuteurs et comportant fréquemment un fort caractère allusif, ces expressions conventionnelles originellement de registre élevé ou formel sont fortement institutionnalisées et présentent un éminent caractère citatif. Elles ont pour autres spécificités d’être relativement figées (fixité syntaxique, blocage lexical et éventuelle non-compositionnalité) et de suivre dans une écrasante majorité des cas un rythme quaternaire." (Henry 2016, 124). Eu égard au foisonnement des chengyu attestés, nous nous limiterons ici à ceux contenant des caractères numériques (de 一 yī « 1 » à 十 shí « 10 »), une des catégories les plus caractéristiques et les plus étudiées (Nall 2009). Au-delà d’une approche purement lexicographique telle que celle suivie par Van Tien Nguyen (2006) dans le cadre de la Théorie Sens-Texte, nous aborderons les chengyu à travers le prisme de la traductologie et de la didactique des langues et de la traduction. En effet, comme l’explique Guo (2017, 85-86), bien qu’étudiés depuis longtemps en Asie, ces UP restent méconnues par les traductologues en Occident ; en outre, les travaux entrepris jusqu’ici sur leur traduction se sont principalement intéressés à la littérature classique et aux textes de presse. Puisque, toujours selon Guo (2017, 101), les chengyu constituent une part essentielle du chinois non seulement formel mais aussi familier, il apparaît nécessaire que les apprenants du chinois y soient familiarisés ; pourtant, les enseignants semblent n’y accorder que peu d’importance. Des chercheurs comme Conti (2017 ; 2019) commencent néanmoins à se pencher sur le potentiel didactique des chengyu et sur les difficultés qu’ils peuvent poser aux étudiants. Pour commencer, nous procéderons à une comparaison critique de divers dictionnaires monolingues et bilingues (chinois-français), généraux et spécialisés (dictionnaires d’UP), afin de mieux cerner leurs éventuelles apories pour les apprenants du chinois et les apprentis traducteurs. Nous montrerons notamment que les ouvrages de référence monolingues laissent systématiquement de côté les exemples d’usage, au profit de l’historique de l’UT, en particulier ses premières attestations. Du côté des dictionnaires bilingues, outre un pareil manque de contextualisation, on observe qu’une recherche de prétendus « équivalents naturels » des chengyu ou des paraphrases seraient privilégiées à de réelles définitions. Ensuite, nous dresserons un aperçu des possibilités que pourraient offrir les outils de la linguistique et de la traductologie de corpus dans l’étude des chengyu (sans aborder l’extraction de ces UT, traitée par ex. par Colson [2017]). Nous emploierons des corpus monolingues, tels que le Lancaster Corpus of Mandarin Chinese de Xiao et McEnery (2004) ou le Chinese Web 2017 disponible sur SketchEngine, pour vérifier la fréquence, la récurrence et le contexte d’utilisation des chengyu. Ensuite, nous exploiterons le corpus parallèle OPUS2 (dans leurs versions chinoise et française) pour consulter les traductions de ces UP. Nous tenterons notamment de tester si les chengyu sont traduits systématiquement par des UP en français et si les traducteurs montrent ou non une certaine homogénéité dans le corpus parallèle. Sur ces fondements, nous dresserons enfin un patron type d’entrée de dictionnaire traductif spécifique aux chengyu (définitions, usages, exemples, etc.), spécifiquement balisé pour des apprenants du chinois et des apprentis traducteurs.


Mots-clés :
  • (Français) lexicographie
  • (Français) phraséologie
  • (Français) linguistique de corpus
  • (Français) didactique de la traduction
  • (Français) chengyu