DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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(titres de publication, de périodique et noms de colloque inclus)
2009-04-16 - Travail avec promoteur/Doctorat - Français - 518 page(s)

Rossignol Mandy , "Exploration électrophysiologique des biais attentionnels envers les expressions faciales émotionnelles dans l'anxiété.", Philippot Pierre (p) , Campanella Salvatore (p) , soutenue le 2009-04-16

  • Codes CREF : Psychopathologie (DI3513)

Abstract(s) :

(Français) Abstract: Un grand nombre d'études comportementales ont démontré la présence de biais attentionnels envers les émotions dans les états anxieux. Notamment, l'anxiété est associée à une détection accrue de stimuli menaçants, comme par exemple des visages exprimant la peur ou la colère, ainsi qu'à une orientation plus rapide et une attention soutenue envers ceux-ci. Ce phénomène de biais a été attribué à une hypervigilance aux indices de menace, mais une hypothèse alternative propose une implication majeure des processus de désengagement de l'attention. Finalement, des controverses subsistent quant à la nature des processus cognitifs impliqués dans le développement de biais émotionnels dans l'anxiété. Grâce à leur résolution temporelle de l'ordre de la milliseconde, les potentiels évoqués sont à même d'explorer le timing des modulations émotionnelles et d'identifier quelles étapes du traitement cognitif sont affectées et impliquées dans la g��n��ration de biais émotionnels en lien avec l'anxiété. En conséquence, notre thèse propose six études utilisant l'électrophysiologie en vue de répondre à quatre questions de recherche : premièrement, quels sont les corrélats électrophysiologiques d'éventuels biais attentionnels envers les expressions faciales émotionnelles dans les états anxieux, et en quoi le type d'anxiété peut-il modifier leurs caractéristiques ? Deuxièmement, existe-t-il des émotions particulièrement sujettes à l'apparition d'un biais attentionnel ? Troisièmement, quels sont les mécanismes attentionnels impliqués dans la génération des biais émotionnels dans l'anxiété ? Et, enfin, quel est le rôle d'une comorbidité dépressive sur le plan du niveau de survenue d'un éventuel biais émotionnels ? Les résultats de six études électrophysiologiques récentes approchant l'anxiété sociale et l'anxiété trait à travers différents paradigmes seront présentés. Ceux-ci mettent l'accent sur des différences majeures entre ces deux troubles sur le plan des modulations électrophysiologiques qu'ils engendrent. Premièrement, l'anxiété sociale est associée à une amplification du traitement perceptif des visages émotionnels, indexée par un complexe N1/P1 d'amplitude accrue. Cette orientation initiale de l'attention vers les visages est suivie de difficultés à désengager l'attention de ceux-ci, aboutissant à un traitement réduit de cibles présentées ultérieurement. A l'opposé, l'anxiété-trait n'affecte pas les phases perceptives ou attentionnelles du traitement cognitif, mais bien les étapes plus tardives associées à la préparation de la réponse (P300). Toutefois, la modulation de l'étape d'évaluation émotionnelle, indexée par le composant N300, est commune à l'anxiété sociale et l'anxiété trait. Enfin, le cumul d'affects dépressifs altère l'étape d'allocation stratégique des ressources attentionnelles envers les stimuli émotionnels. Le biais envers la menace ne s'avère pas modulé par l'anxiété sous-clinique, mais l'anxiété sociale engendre une hypervigilance perceptive envers les expressions faciales émotionnelles, tant positives que négatives. En résumé, nos études suggèrent des modulations précoces du traitement émotionnel en lien avec l'anxiété sociale, et des modulations plus tardives associées & l'anxiété-trait. Les implications théoriques de ces observations sont discutées, de même que leurs potentielles implications cliniques, et différentes propositions de recherches futures sont développées en guise de conclusion.