DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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(titres de publication, de périodique et noms de colloque inclus)
2014-08-26 - Colloque/Abstract - Français - 1 page(s)

Dubois Laurie-Anna , Van Daele Agnès , "Difficultés rencontrées par des policiers en formation dans le cadre de situations de travail simulées" in 18ème Congrès de l'Association Internationale de Psychologie du Travail de Langue Française, 32-33, Florence, Italie, 2014

  • Codes CREF : Psychologie du travail (DI4270)
  • Unités de recherche UMONS : Psychologie du travail (P357)
  • Instituts UMONS : Institut de Recherche en Développement Humain et des Organisations (HumanOrg)
Texte intégral :

Abstract(s) :

(Français) Pour accéder à la fonction d’inspecteur de police en Belgique, tout candidat doit présenter différentes épreuves de sélection. Leur réussite donne alors accès à une formation initiale dispensée au sein d’écoles agréées. Toutefois, le passage de l’école à l’exercice concret du métier sur le terrain ne se fait pas sans difficulté. Les policiers sont fréquemment exposés à des situations à forte charge émotionnelle, à risques et à fortes exigences temporelles (Oligny, 1991 ; Meylan, Boillat, & Morel, 2009 ; Daubechies, 2011). La formation initiale ne permet pas à elle seule l’acquisition de toutes les compétences nécessaires pour faire face à toutes les situations naturelles (Caroly, Loriol, & Boussard, 2006). Le programme de formation reste très théorique. Il comporte peu d’exercices intégrés permettant la mise en pratique des différentes matières enseignées. De ce fait, lors des stages mais aussi lors de leur entrée en fonction, les policiers débutants se sentent souvent en difficulté. Une recherche exploratoire menée au sein d’une école de police tend à confirmer ces constats. Cette recherche vise à mieux cerner les difficultés rencontrées par des policiers dans le cadre de situations de travail simulées, en fin de formation. Ces situations portent sur des interventions courantes telles que celles liées à une disparition inquiétante, l’annonce d’une mauvaise nouvelle. La méthodologie repose sur l’observation à partir de l’enregistrement audio-vidéo de 28 mises en situation. Les données recueillies sont des traces enregistrées de l’activité de policiers (41 hommes et 22 femmes) confrontés à la simulation. Le traitement a été réalisé grâce au logiciel The Observer® XT. Celui-ci a permis d’encoder différents comportements prédéfinis. Une partie renvoie à l’activité générale des policiers réalisant les interventions. Une autre partie concerne des interruptions dans cette activité (se traduisant par des silences, des sourires, des regards ou des questions vers le formateur,…). Ces interruptions ont été considérées comme des indicateurs de difficultés rencontrées par les policiers. Elles ont été comptabilisées et mises en relation avec le contexte (exigences des interventions simulées). La recherche a permis de dégager les résultats suivants : 1) Les policiers éprouvent des difficultés à opérationnaliser certains concepts juridiques ou judiciaires. A titre d’exemple, ils ne parviennent pas à repérer facilement les indices d’un flagrant délit ou d’un appel à l’aide venant de l’intérieur, ce qui les amène à commettre des erreurs au cours de l’intervention. 2) Ils rencontrent des difficultés à mettre en pratique certaines procédures (exemple : procéder à une visite rapide des lieux). Ils se laissent facilement piéger par l’« effet tunnel ». En effet, la survenue d’un événement au cours de l’intervention (exemple : la découverte d’un corps dans une habitation) les amène systématiquement à mettre fin à certaines activités prioritaires telles que la sécurisation des lieux. Par ailleurs, ils n’examinent que très rarement toutes les hypothèses envisageables dans le cadre d’une enquête. Ils restent souvent focalisés sur leur supposition de départ. 3) Enfin, ils éprouvent des difficultés à gérer des interventions à forte charge émotionnelle telles que l’annonce d’une mauvaise nouvelle.