DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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(titres de publication, de périodique et noms de colloque inclus)
2018-11-27 - Colloque/Présentation - communication orale - Français - page(s)

Huang Yizhi , Delvaux Véronique , Li Jun-Kai, Huet Kathy , Piccaluga Myriam , Zhang Guoxian , Harmegnies Bernard , "Une étude de la prononciation du français par des apprenants sinophones." in Interphonologie du français contemporain, Paris, France, 2018

  • Codes CREF : Métrologie (DI2160), Phonétique (DI5312), Acoustique (DI1264)
  • Unités de recherche UMONS : Métrologie et Sciences du langage (P362)
  • Instituts UMONS : Institut de recherche en sciences et technologies du langage (Langage)

Abstract(s) :

(Anglais) Pour les apprenants chinois du français, l’acquisition du code oral du français des pays d’accueil, parmi lesquels figurent la France et la Belgique, pose un défi considérable (Kockaert, H & Li, J., 2008, p.3). Certains apprenants chinois peuvent parfois ‘être titulaires d’un diplôme de langue de niveau avancé tout en étant à peine compréhensibles à l’oral’ (Flament-Boistrancourt, 2006). L’important écart phonologique entre la langue maternelle et la langue apprise rend la tâche difficile pour les sinophones apprenant le français. Le chinois mandarin possède un inventaire syllabique relativement pauvre (comptant 400 syllabes d’environ) par rapport à celui du français, cependant, il compense par un système de tons lexicaux permettant de créer plus de 1300 combinaisons syllabes-tons, correspondant à un ensemble de 90000 sinogrammes logographiques. Ainsi, le système prosodique du mandarin se fonde primordialement sur un système de tons lexicaux employant à la fois la hauteur (valeur globale de la F0 dans la syllabe) et la mélodie (évolution temporelle de la F0 au sein de la syllabe, voir les notions de ‘pitch height’ et ‘pitch contour’ en anglais) en vue de produire des tons contrastifs, ce qui s’oppose au système de phrase prosodique du français (Hoo-Yon Yoo, 2003). Dans une étude antérieure (Kockaert, H & Li, J., 2008, p.89), il a été observé qu’ au lieu de produire une courbe mélodique enveloppant tout un groupe rythmique, les courbes mélodiques IL sinophones ont un impact sur chaque syllabe individuelle, cela pourrait également mettre en danger la réalisation d’une prononciation acceptable par la communauté francophone. Nous présentons ici un projet de recherche susceptible de contribuer à l’extension du projet IPFC (Detey & Kawaguchi, 2008 ; Racine, Detey, Zay, Kawaguchi, 2012) pour les langues chinoises et se centrant particulièrement sur des apprenants mandarinophones du français faisant leurs études dans divers établissements en Belgique francophone et en France. Dans un premier temps, une étude exploratoire respectant le protocole du projet sera menée avec une liste de mots complémentaire à la liste commune, spécialement conçue à partir d’une analyse contrastive phonologique des consonnes et des voyelles du chinois mandarin et du français. Diverses mesures acoustiques seront prises telles que la f0 (afin d’examiner si les syllabes françaises sont traitées de la même manière au niveau suprasegmental que dans la langue source), le VOT (dans l’intention de caractériser p.ex. le dévoisement des consonnes occlusives voisées /b,d,g/), les formants (comparaison entre L1 standard vs. L2 interlangue, afin d'investiguer p.ex. les distinctions /ø-œ/ et /ɥ-y/). Par ailleurs, il a été constaté dans des études antérieures que les sinophones utilisent parfois une stratégie d’éclaircissement formantique dans le F4 lors de la production de certains tons (T3 en particulier: Huang et al., 2018), il est dès lors nécessaire de mesurer le F4 dans le dessein d’observer d’éventuels transferts du phénomène précité de L1 vers L2. L'objectif général de la recherche est d’investiguer le rôle des facteurs spécifiques au chinois mandarin et celui des facteurs universaux dans l’apprentissage du français langue étrangère, au niveau segmental et suprasegmental.