DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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2014-02-24 - Colloque/Article dans les actes avec comité de lecture - Français - 2 page(s)

Lago Noémie , Becue Vincent , Diab Y., "Le partage d'expériences au service du vivre ensemble : esquisse d'une typologie d'ambiances urbaines" in L'ambiance comme enjeu de l'espace public méditerranéen contemporain, Cité des sciences de Tunis, Tunisie, 2014

  • Codes CREF : Urbanisme et architecture (aspect sociologique) (DI2650)
  • Unités de recherche UMONS : Projets, Ville et Territoire (A520)
  • Instituts UMONS : Institut de Recherche en Développement Humain et des Organisations (HumanOrg)
  • Centres UMONS : Urbanisation Revitalisation Bâtiment Architecture Innovations Espaces (URBAINE)

Abstract(s) :

(Français) La ségrégation socio-spatiale s’accroit dans les villes. Ce cloisonnement spatial modifie la perception collective des espaces ouverts à tous. De lieux de convergence, ils deviennent des lieux de confrontation où les problématiques sécuritaires prennent une place primordiale. Parallèlement, certains espaces attirent de plus en plus de visiteurs : les centres historiques patrimoniaux, les évènements urbains, les complexes ludo-commerciaux et les aménagements originaux. Ces lieux, au succès indéniable, semblent remplir le rôle de lieu d’échange et de partage anciennement attribué à l’ensemble des espaces publics. L’analyse de cette tendance nous a permis de mettre en évidence l’importance de l’ambiance, qui donne une identité spécifique au lieu. En effet, les citadins ne se satisfont plus d’espaces fonctionnels. Ils sont attirés par les lieux leur offrant également des expériences subjectives au travers d’une ambiance. Mais est-il possible de développer une ambiance pour rendre un espace plus attractif ? Et dans ce cas, quels paramètres prendre en compte pour proposer des expériences sensibles adaptées au lieu ? Les ambiances urbaines attractives sont diverses et adaptées à toutes sortes de contexte et de situation socio-spatiale. Nous avons alors émis l’hypothèse de l’existence de corrélations entre l’ambiance et le lieu dans lequel elle est développée. Afin de vérifier cette hypothèse, nous avons étudiés huit espaces proposant des ambiances notoires et variées. Ces espaces présentent également une grande diversité dans leur localisation, leur nature, leur dimension spatiale et leur envergure financière. Il s’agit de : (1) la place Jemaa-El-Fna à Marrakech, (2) la promenade des anglais à Nice, (3) Paris-plage, (4) les Machines de l’île de Nantes, (5) le complexe Odysseum à Montpellier, (6) le Disney-village à Marne-la-Vallée, (7) le City Lounge à Saint Gall et (8) le parc Gulliver à Valence. La moitié de ces espaces sont méditerranéens. Pour évaluer les interactions entre l’ambiance et le lieu, nous avons d’abord qualifié les ambiances à l’aide de mots-clés. Puis nous avons confronté ces mots-clés aux caractéristiques du lieu, quelles soient historiques, géographiques, sociales, patrimoniales, architecturales, paysagères, … Nos analyses révèlent de nombreuses interactions, ce qui valide notre hypothèse. Plus particulièrement, deux paramètres sont apparus comme ayant une influence primordiale sur l’ambiance développée dans un espace. Il s’agit de l’histoire du lieu et de la perception sociale qu’en ont les citadins. En classant nos espaces-test suivant ces deux paramètres, nous avons identifiés quatre stratégies d’ambiance. Afin de faciliter leur appréhension, nous les avons matérialisés par quatre figures d’expérience : « l’immersion dans une image », « la communion avec les traditions », « la découverte d’un trésor oublié » et « la conquête de nouveauté ». Les expériences du type « immersion dans une image » sont mises en place dans des lieux perçus positivement mais sans profondeur historique. Elles se basent sur la matérialisation de son image, présente au préalable, mais d’une manière unique et originale qui donne une identité propre au lieu. Ce type d’espace diffère d’un espace public traditionnel car il propose l’accès à une réalité parallèle, à un monde imaginaire. C’est par exemple le cas du complexe Odysseum à Montpellier. Les expériences du type « communion avec les traditions » sont présentes dans les lieux ayant une histoire riche et perçus positivement. Elles favorisent des pratiques considérées comme des traditions et offrent de l’authenticité. Leur but est d’enrichir l’expérience déjà présente, tout en adaptant l’espace aux évolutions des pratiques sociales, pour éviter qu’il devienne obsolète. C’est le cas de la place Jemaa-El-Fna à Marrakech. Les expériences du type « découverte d’un trésor oublié » sont présentes dans des lieux socialement perçus comme négatifs, mais dont l’histoire est riche. Elles proposent un changement radical qui met en valeur le patrimoine de ces espaces. Ce type d’expérience se retrouve par exemple dans le projet artistique des Machines de l’île de Nantes. Les expériences du type « conquête de nouveauté » concernent des lieux perçus négativement et dont l’histoire est plutôt pauvre et les nouveaux espaces urbanisés. L’objectif est alors de singulariser l’espace au travers d’aménagements audacieux et innovants, que les usagers peuvent se réapproprier. Une grande liberté est possible dans le choix du projet, mais il doit être porteur d’une identité forte, comme le parc Gulliver à Valence. Sans codifier l’ambiance à développer, les figures d’expérience permettent d’intégrer les spécificités du lieu afin de proposer une ambiance à fort pouvoir fédérateur. Elles peuvent ainsi servir de guide aux concepteurs soucieux de favoriser la convivialité dans un espace public.