DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

Recherche transversale
Rechercher
(titres de publication, de périodique et noms de colloque inclus)
2018-07-31 - Article/Dans un journal avec peer-review - Français - 28 page(s)

Darcis Damien , "Des images qui dénoncent ?" in EchoGéo

  • Edition : Pôle de Recherche pour l'Organisation et la diffusion de l'Information Géographique (France)
  • Codes CREF : Esthétique (DI5440), Architecture et art urbain (DI5221), Philosophie politique (DI5415), Arts (DI5200)
  • Unités de recherche UMONS : Arts et Techniques de représentation (A550)
  • Instituts UMONS : Institut de recherche en sciences et technologies du langage (Langage)
  • Centres UMONS : Urbanisation Revitalisation Bâtiment Architecture Innovations Espaces (URBAINE)

Abstract(s) :

(Anglais) In this article, I would like to question the political power of images in the urban space. To do this, I rely on the confrontation of two types of images displayed in Calais, a city now associated with the "migrant problem". On the one hand, I will study four interventions by street artist Banksy. On the other side, I will analyze images made by anonymous artists, in remote, less visible sites, on the walls, on the doors or on the windows of "squats" harboring migrants in particular. While Banksy's images convey a political message denouncing the situation of migrants, politicians in Calais have said they want to protect these paintings. Conversely, anonymous images, which do not convey any political message, are systematically erased or rendered inaccessible. Based on the work of Michel Foucault, Jacques Rancière and Étienne Balibar, I would like to show that this paradox is perhaps explained less by the celebrity of Banksy than by the relation of images to space: the Banksy maintain, even perpetuate the divisions of space and the relations between social groups constituting the established order, whereas anonymous images suspend them for a time to make heterotopic places exist.

(Français) Dans cet article, je voudrais interroger le pouvoir politique des images dans l'espace urbain. Pour ce faire, je m'appuie sur la confrontation de deux types d'images s’affichant à Calais, ville désormais associée au « problème des migrants ». D'un côté, j'étudierai quatre interventions du street artist Banksy. De l'autre côté, j'analyserai des images réalisées par des artistes anonymes, dans des sites reculés, moins visibles, sur les murs, sur les portes ou sur les fenêtres de squats hébergeant notamment des migrants. Alors que les images de Banksy font passer un message politique dénonçant la situation des migrants, les responsables politiques de Calais ont affirmé vouloir protéger ces peintures. Inversement, les images anonymes, qui ne véhiculent aucun message politique, sont systématiquement effacées ou rendues inaccessibles. Sur la base des travaux de Michel Foucault, Jacques Rancière et Étienne Balibar, je voudrais montrer que ce paradoxe s'explique peut-être moins par la célébrité de Banksy que par la relation des images à l'espace : les Banksy maintiennent, voire perpétuent, les découpages de l'espace et les relations entre les groupes sociaux constituant l'ordre établi, alors que les images anonymes les suspendent un temps, pour faire exister des lieux hétérotopiques.

Notes :
  • (Anglais) Damien Darcis, « Des images qui dénoncent ? », EchoGéo [En ligne], 44 | 2018, mis en ligne le 31 juillet 2018, consulté le 02 août 2018. URL : http://journals.openedition.org/echogeo/15788 ; DOI : 10.4000/echogeo.15788