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2016-03-10 - Colloque/Présentation - communication orale - Français - 10 page(s)

Berre Michel , "Porosité et résistance à la nouveauté dans les grammaires de français langue étrangère." in Metagramma. Variazione testuale e metalinguistica nei materiali per lo studio delle lingue straniere, Forli , Italie, 2016

  • Codes CREF : Communication interculturelle (DI4718), Didactique (DI4616)
  • Unités de recherche UMONS : Cultures et médiations linguistiques (T201)
  • Instituts UMONS : Institut de recherche en sciences et technologies du langage (Langage)
  • Centres UMONS : Inclusion sociale (CERIS)

Abstract(s) :

(Français) La présente contribution a pour objet la production grammaticographique destinée à enseigner le français à un public néerlandophone dans « l’espace belge » (désormais grammaires FL2) entre 1763 et 1856, dates des première et dernière éditions de la Nieuwe Fransche Spraek-konst [Nouvelle grammaire française, NGF] de Jean Des Roches. Par « espace belge », nous entendons les provinces méridionales des Pays-Bas considérées comme un espace géographique spécifique où s’est progressivement développé un sentiment d’identité proto-national, avant l’indépendance (1830). Après avoir situé la NGF (1763-1821) et ses éditions révisées (1824-1856) dans la production de l’époque, nous y étudierons plus particulièrement les pronoms personnels et relatifs en nous concentrant sur le métalangage utilisé, les formes recensées et les règles proposées. Comme la plupart des auteurs de grammaires de L2, Des Roches et ses épigones recourent à plusieurs sources : grammaires FL2 précédentes, grammaires pédagogiques du latin, grammaires FL1 et grammaires de la langue maternelle de l’élève sont ainsi mises à contribution pour élaborer différents « types » de règles (cf. Berré 2012). L’objectif de la communication est d’observer l’évolution de ce dispositif d’élaboration d’une grammaire pédagogique dans la durée. Selon quelles modalités le « nouveau » est-il – ou non – intégré dans la description des pronoms personnels et relatifs ? Quelles variations affectent leur description ? À quelles sources sont-elles empruntées ? Qu’est-ce qui motive leur introduction ? Etc. En retour, nous poserons la question de savoir pourquoi telle ou telle « nouveauté » n’a pas filtré dans les grammaires FL2. Les termes de porosité et de résistance sont proposés pour rendre compte de la manière dont la doxa grammaticale réagit face aux évolutions « extérieures ». Nous interrogerons également la pertinence de la notion de contextualisation (Beacco 2014) pour l’analyse sur le long terme de l’histoire des idées « didactico-linguistiques » (Swiggers 2007). Enfin signalons que Des Roches a publié une Nieuwe Nederduytsche Spraek-konst (1761) qui a fait l’objet d’une réédition critique par J.-M. Van der Horst en 2007. Sa NGF « un des plus lus en Belgique jusqu’en 1820 », selon la notice de la Biographie nationale (t. V, p. 801) mériterait sans doute le même sort. Ouvrages cités BEACCO J.-Cl. et al. (eds) (2014), Les contextualisations de la description du français dans les grammaires étrangères, Langue française 181. BERRÉ, M. (2012). « Les grammaires scolaires et leur horizon de rétrospection : comparaison de deux grammaires FLE-FLM publiées dans les Pays-Bas autrichiens ». In B. Colombat et al. (eds), Vers une histoire générale de la grammaire française, Paris, H. Champion, pp. 493-510. SWIGGERS, P. (2007), « L’analyse grammaticale et didactico-linguistique du français du Moyen Âge au XIXe siècle ». In P. Schmitter (dir.), Sprachtheroien der Neuzeit III/2 : Sprachbeschreibung und Unterricht 2, Tübingen, G. Narr, pp. 559-645. Mots clés : Pays-Bas (Belgique) – 18e-19e siècles – français langue étrangère – grammaire – évolution des contenus (pronoms).