DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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(titres de publication, de périodique et noms de colloque inclus)
2017-01-19 - Colloque/Abstract - Français - 2 page(s) (A publier)

Geurts Hélène , Haelewyck Marie-Claire , "Empowerment et avancée en âge : proposition de typologie et perspective de recherche co-productrice" in 7ème Congrès de l'AFS - Vieillesse, vieillissement et parcours de vie, Amiens, Belgique, 2017

  • Codes CREF : Gériatrie - gérontologie (DI3347)
  • Unités de recherche UMONS : Orthopédagogie clinique (P319)

Abstract(s) :

(Français) A l’heure actuelle, il n’est plus à démontrer que nos sociétés s’inscrivent dans de profondes transitions sociodémographiques. A ce titre, l’accroissement de la population vieillissante constitue une préoccupation économique majeure, sans précédent pour de nombreux pays compte tenu, notamment, de la représentation potentiellement clivante d’aînés jugés « inactifs » et « improductifs » (Viriot Durandal, Raymond, Moulaert & Charpentier, 2015). Toutefois, notre contribution aspire dépasser cette vision exclusivement comptable et défectologique du vieillir pour aborder ce processus comme empreint d’un rapport relatif à l’autonomie (Caradec, 2008 ; Leider, 2013), au pouvoir, à l’empowerment. Néanmoins, malgré une littérature abondante sur la thématique, l’empowerment demeure un processus particulièrement flou (Shearer et al., 2012; Chamberland, 2014). En effet, comme l’énoncent Hage et Lorensen (2005 ; cité par Fotoukian et al., 2014, p. 119) « malgré la grande importance du concept d’empowerment et sa large utilisation quotidienne, les chercheurs le considèrent comme ayant des caractéristiques différentes, n’étant pas clarifié dans toutes ses dimensions » (traduction personnelle). Cette ambiguïté s’avère d’autant plus complexe à gérer lorsque la recherche aspire à opérationnaliser le processus en vue d’une utilisation effective par des travailleurs sociaux. Pour certains, à l’instar de Bacqué et Biewener (2015), l’utilisation polysémique du terme « passe-partout » engendre des finalités contradictoires, des confusions de positions politiques susceptibles d’instaurer un malaise palpable au sein des milieux d’interventions et de démontrer les limites des pouvoirs publics. D’autres auteurs, a contrario, prônent une conceptualisation volontairement large de l’empowerment de sorte à éviter la diffusion d’une présentation unique, d’une prescription miracle allant à l’encontre même des fondements de la démarche entreprise (Zimmerman, 1984) et reconnaissant la pluralité des êtres, de leurs ressources ainsi que des objectifs poursuivis (Charpentier & Soulières, 2007 ; Shearer et al., 2012). « Traveler, there is no road. The road is made as one walks » (Machado; cité par Freire, 1998, p. XVIII). A ce titre, comme le rappellent Gouédard et Rabardel (2012), le pouvoir d’agir nous appert toujours en concept en devenir dont les méthodes d’approche et de mesure restent continuellement à inventer. Face à ces constats, nous avons mené une enquête exploratoire à large échelle auprès de 351 aînés wallons (âge chronologique : M = 79.31, S.D. = 10.06 ; âge subjectif : M = 67.21, S.D. = 17.67). Dans la volonté d’intégrer différentes modalités de lieux de vie, 49.9 % des sujets évoluent en maison de repos pour personnes âgées (EHPAD), 45 % demeurent à domicile et 5.1 % ont opté pour la solution transitoire qu’est la résidence-services, en ce compris sociale. Chaque sujet a été invité à répondre à un questionnaire composite spécifiquement réalisé pour l’étude. Ce dernier est constitué de trois parties complémentaires que sont la collecte de données sociodémographiques, en ce compris des items centrés sur le rapport au pouvoir de dire et d’agir, les passations de la WHOQOL-Bref (OMS, 1996, valeurs de références françaises par Baumann et al., 2010) et de l’échelle de bien-être psychologique de Ryff (1989 ; traduction française de Bouffard et Lapierre, 1997). En outre, en référence à notre problématique et au processus écologique d’empowerment, a été soumise à l’aîné une invitation à étendre l’étude à un membre de son entourage en qui il a confiance. A ce titre, 68 binômes ont été établis (âge chronologique : M = 47.31, S.D. = 15.87 ; âge subjectif : M = 40.5, S.D. = 14.50), le proche se projetant en lieu et place de l’adulte vieillissant (Balboni et al., 2013). L’analyse des données collectées dans le cadre de l’étude a fait l’objet d’un traitement statistique descriptif et corrélationnel réalisé à l’aide du logiciel SPSS 23.0 de sorte à mieux comprendre les tenants et aboutissants du processus. En outre, dans la volonté de prendre en considération l’hétérogénéité de la population tout en veillant à poursuivre les efforts d’opérationnalisation, une classification hiérarchique descendante a été opérée. Cette dernière offre de ce fait une typologie d’empowerment fondée sur les données quantitatives déclarées des aînés. Actuellement, des entretiens semi-directifs sont établis avec un échantillon restreint de personnes vieillissantes de sorte à nous inscrire davantage dans un paradigme compréhensif des réalités expérimentées, des définitions allouées aux concepts à l’étude et de conférer une étiquette valide et validée aux catégories statistiquement identifiées. Notre communication orale souhaite dès lors présenter l’état d’avancement de notre recherche doctorale et discuter les perspectives à venir en vue d’intégrer cette modélisation dans le développement d’un dispositif co-productif, incluant les aînés et leur entourage (en ce compris professionnel), vecteur d’émancipation sociale tant dans les méthodologies usitées que dans les desseins identifiés. Notre ambition réside par conséquent dans la finalité de « penser l’empowerment comme l’outil d’un renouveau des systèmes de décision et d’action. A travers lui, il s’agit de redonner un espoir aux travailleurs sociaux, d’en faire des agents de transformation et non des collaborateurs de la domination ou des dissimulateurs de la souffrance sociale » (Gilbert, 2014 ; cité par Paquet, 2014, p. 29).