DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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(titres de publication, de périodique et noms de colloque inclus)
2017-06-09 - Colloque/Présentation - poster - Français - 1 page(s)

Bruyninckx Marielle , Dutrieux Mélanie , Toufik Amal, "Mères adolescentes demandeuses d’asile : vécu et analyse des relations mère/bébé chez de jeunes migrantes mineures non accompagnées en Belgique francophone" in La grossesse à l'épreuve des migrations, Paris, France, 2017

  • Codes CREF : Dynamique et développement des sociétés (DI4116)
  • Unités de recherche UMONS : Développement humain et traitement des données (P382)
  • Instituts UMONS : Institut de Recherche en Développement Humain et des Organisations (HumanOrg)

Abstract(s) :

(Français) L’exil, phénomène inhérent à l’espèce humaine, marque le 21e siècle de plein fouet. Selon de nombreux auteurs, ce phénomène engendre une souffrance interne et externe à tout individu. Les guerres, les persécutions, la faim et les violences obligent de nombreux hommes, femmes et enfants à fuir vers des terres « d’accueil » incertaines. Parmi ces migrants, on compte des mineurs étrangers non accompagnés (MENA). Ce groupe est en partie composé de jeunes filles mères. Ces dernières arrivent seules, enceintes ou accompagnées de leur jeune enfant. Les raisons de leur exil peuvent être multiples : mariages forcés, excision, conflits armés… Aux traumatismes liés aux événements vécus s’ajoutent les souffrances de l’exil : déracinement, précarité et isolement. Dans leur fuite, elles prennent de grands risques et se retrouvent souvent dans des situations dangereuses qui peuvent toucher leur intégrité physique et morale. Aussitôt arrivées dans ce « havre de paix », se met en place la machine juridico-politique de la régularisation de leur statut de séjour. Une série de démarches administratives et de règles doivent être respectées. À cela s’ajoute, l’obligation de narrer les événements traumatiques vécus au pays. Dans le cadre de notre recherche menée en Communauté française de Belgique, nous avons été amenées à rencontrer sept mères adolescentes placées en centre d’accueil pour réfugiés dans l’attente d’une décision de justice. A l’aide de cinq outils (anamnèse, entretien semi-directif, observation participante basée sur la grille d’analyse de distorsion relationnelle mère/enfant de Guaraldi, Caffo, Cibelli, Magnani, Tassi & Bolzani (1985), questionnaire TaumaQ de Damiani & Pereira-Fradin (2006) et dessin semi-libre), nous avons tenté de cerner leur vécu potentiellement traumatique. En effet, parallèlement, à ces facteurs extrinsèques liés au contexte socio-politico-juridique du pays, viennent s’ajouter tous les remaniements psychiques associés à l’adolescence, qui fragilisent davantage cette population. Tous ces éléments combinés à la précarité psychique exprimée dans le registre de la solitude, se répercutent sur la relation précoce avec leur jeune enfant. Les mères adolescentes arrivent seules, sans ressources financières et sociales au pays d’accueil et doivent, sous le joug des événements potentiellement traumatiques et en l’absence de l’entourage familial et social, remplir leur rôle parental. Nos résultats montrent que la mesure de l’effet traumatique de l’exil auprès d’une population vulnérabilisée par son vécu au pays d’origine, par les raisons de son départ et par son histoire personnelle, est bien plus complexe qu’on ne pourrait le penser au premier abord. Pour nos sujets, l’exil ne serait pas au cœur de l’événement traumatique. Ce seraient davantage les causes de l’exil qui constitueraient un élément traumatogène. Néanmoins, la migration en elle-même n’en porterait pas moins une charge affective négative pouvant influencer l’état psychique, physique et émotionnel des jeunes mères exilées, ainsi que leurs relations avec leur enfant. Pour certaines, l’investissement dans la relation dyadique constitue un facteur de résilience ; pour d’autres, l’investissement relationnel semble compliqué et doit être encadré.