DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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(titres de publication, de périodique et noms de colloque inclus)
2016-02-17 - Article/Dans un journal avec peer-review - Français - 13 page(s)

Shalukoma Chantal, Bogaert Jan, Duez Pierre , Stévigny Caroline, Pongombo S.C., Visser M, "Savoir local et accessibilité des plantes médicinales dans la région montagneuse de Kahuzi-Biega, RD Congo" in Bois et Forêts des Tropiques, 326, 4, 43-55,

  • Edition : Société pour le Développement de l'Utilisation des Bois Tropicaux, Paris (France)
  • Codes CREF : Botanique générale (DI3140), Ethnologie (DI4121), Pharmacognosie (DI3410), Sciences pharmaceutiques (DI3400)
  • Unités de recherche UMONS : Chimie thérapeutique et Pharmacognosie (M136)
  • Instituts UMONS : Institut des Sciences et Technologies de la Santé (Santé)
Texte intégral :

Abstract(s) :

(Anglais) ABSTRACT MEDICINAL PLANTS OF THE MOUNTAIN REGION OF KAHUZI-BIEGA IN THE DEMOCRATIC REPUBLIC OF CONGO: USES, ACCESSIBILITY AND CONSENSUS AMONG TRADITIONAL THERAPISTS For ethnobotanists, aspects such as the influence of a plant’s accessibility on its frequency of use, consensus among traditional therapists over the relationships between plants and diseases and the degree of fidelity to a plant for a given category of ailments are essential to assess a medicinal tradition, but difficult to interpret. We explored these aspects through a study based on semi-structured interviews with 88 traditional therapists from the Batwa, Havu, Shi and Tembo communities near the montane forests of the Kahuzi-Biega National Park, in South Kivu Province in eastern DRC. Our survey showed that 77 plant species are used to treat pathologies grouped into 18 categories of ailments, the most frequent being digestive disorders and infections. Leaves and bark are the parts most frequently used, usually in recipes involving a single plant and mainly prepared as aqueous solutions. Although there is a positive correlation between the accessibility of plants and the frequency of their use (H = 17.64; p < 0.001), some less accessible forest plants have very high use frequencies. Consensus between traditional therapists is high overall, especially for musculo-skeletal disorders (= 0.83) and infections (= 0.80). Although the degree of fidelity to a plant for a given category of ailments is low overall, it is always high for at least one plant in all categories. Our results, although exploratory, suggest that certain medicinal traditions are well rooted in the region’s local communities. This assumes a good local knowledge of medicinal plants, intergenerational transmission of that knowledge and a degree of cooperation between traditional therapists. Further studies are needed to assess these different aspects with greater precision.

(Français) LES PLANTES MÉDICINALES DE LA RÉGION MONTAGNEUSE DE KAHUZIBIEGA EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO : UTILISATION, ACCESSIBILITÉ ET CONSENSUS DES TRADIPRATICIENS En ethnobotanique, des aspects comme l’influence de l’accessibilité d’une plante sur sa fréquence d’usage, le consensus entre les tradipraticiens autour des relations maladie-plante ainsi que le degré de fidélité d’une plante à une catégorie de maladies sont essentiels pour évaluer une tradition médicinale ; mais ils sont d’une interprétation difficile. Nous avons exploré ces aspects dans cette étude basée sur des entretiens semi-structurés avec 88 tradipraticiens issus des communautés Batwa, Havu, Shi et Tembo dans les localités situées à proximité de la forêt de montagne du Parc national de Kahuzi-Biega, en province du Sud-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo. Il s’avère que 77 espèces végétales sont utilisées pour traiter les pathologies regroupées dans 18 catégories de maladies, dont les plus fréquentes sont les troubles digestifs et les infections. Les feuilles et les écorces sont les parties les plus utilisées dans les recettes majoritairement monoplantes et principalement préparées en solutions aqueuses. Bien que la corrélation entre l’accessibilité des plantes et leurs fréquences d’usage soit positive (H = 17,64 ; p < 0,001), certaines plantes forestières pourtant moins accessibles connaissent des fréquences d’usage particulièrement élevées. Le facteur de consensus des tradipraticiens est globalement élevé, particulièrement pour les catégories de troubles musculo-squelettiques (= 0,83) et les infections (= 0,80). Toutes les catégories de maladies fidélisent au moins une plante malgré les taux globalement faibles. Bien qu’exploratoires, nos résultats suggèrent un certain ancrage d’une tradition médicinale au sein de communautés locales de la région. Cet ancrage suppose une bonne connaissance des plantes médicinales, une transmission intergénérationnelle des savoirs ainsi qu’une certaine collaboration entre les tradipraticiens. Plus d’études sont nécessaires pour évaluer davantage ces différents aspects.