DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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2016-02-25 - Colloque/Présentation - communication orale - Français - 11 page(s)

Darcis Damien , "Camus, Lumières de la clandestinité" in De l'absurde à la révolte. Dynamique de la pensée d'Albert Camus, Université Jagellone Cracovie, Pologne, 2016

  • Codes CREF : Métaphysique (DI5430), Philosophie politique (DI5415), Philosophie (DI5400)
  • Unités de recherche UMONS : Arts et Techniques de représentation (A550)
  • Instituts UMONS : Institut de recherche en sciences et technologies du langage (Langage)
Texte intégral :

Abstract(s) :

(Français) Camus, lumières de la clandestinité Abstract Dans cette intervention, j’aimerais interroger la place qu’occupe la clandestinité dans la conceptualisation camusienne de la révolte. Dans le Mythe de Sisyphe (1942), Camus pose l’expérience de l’absurde comme strictement individuelle. La révolte apparait alors comme le prolongement de cette première expérience : elle délivre l’individu de sa solitude en faisant naître en lui la conscience d’un « nous sommes ». Je souhaiterais cependant proposer une autre approche du rapport entre l’absurde et la révolte en croisant l’analyse que propose Camus des « terroristes délicats » dans L’Homme révolté (1951) et les travaux phénoménologiques de Michel Henry sur la vie clandestine (Auto-donation, 2004). Je défendrai l’hypothèse suivant laquelle la clandestinité, par l’écart même qu’elle impose au groupe par rapport au quotidien, par la mise en suspens des relations humaines ordinaires, rejoue l’expérience de l’absurde, mais cette fois à un niveau collectif : c’est le groupe qui est désormais « perdu au milieu d’une foule qui l’ignore », solitaire dans un monde qu’il hait et qui le rejette. Partant de cette hypothèse, la clandestinité maintiendrait en quelque sorte dans le même temps l’absurde et la révolte, conférant ainsi au groupe un rapport à lui-même et aux autres tout à fait spécifique lui permettant de maintenir le « nous sommes » de la révolte jusque dans son devenir révolutionnaire. Dans cette perspective, la clandestinité occuperait, parmi les différentes figures de la révolte, une place centrale, comme semble le souligner Camus lui-même, lorsqu’il affirme, à propos des terroristes de 1905, que si les révoltes opposent l’idée d’une communauté humaine indivisible à l’ordre de la domination, ce groupe clandestin l’incarne déjà et la fait exister. L’étude de la place occupée par la clandestinité dans les analyses de la révolte est ainsi susceptible d’éclairer différentes facettes de l’œuvre de Camus, mais, peut-être davantage encore, la spécificité de son engagement libertaire.