DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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2017-04-29 - Colloque/Abstract - Français - 1 page(s)

Staquet Anne , "Descartes s'est-il compromis ? Réflexions autour de la publication du Monde ou traité de la Lumière" in  Penser la compromission intellectuelle (XVIe-XXIe siècles), Collège Universitaire français de l'Université d’État de Saint-Pétersbour, Russie, 2017

  • Codes CREF : Philosophie des sciences (DI5462), Histoire de la philosophie et de la morale (DI5144), Histoire des sciences (DI5145)
  • Instituts UMONS : Institut de recherche en sciences et technologies du langage (Langage)
Texte intégral :

Abstract(s) :

(Français) A la fin de l'année 1633, Descartes refuse clairement de publier son Monde, car il ne peut en retirer ses thèses héliocentriques sans que sa physique y perde tout son sens. Alors comment comprendre qu'une dizaine d'années plus tard non seulement il n'hésite plus à publier sa physique, mais qu'il la publie même au sein d'un manuel destiné à remplacer dans les collèges jésuites les manuels aristotéliciens ? Entre 33 et 44, les conditions sociales et politiques n'ont pas changé au point qu'il soit désormais permis d'affirmer de telles thèses. S'il avait espéré, en publiant son Discours de la méthode, amener ceux qui désiraient sa physique à faire changer les conditions qui en empêchaient la publication, force est de constater que son souhait ne s'est aucunement réalisé. Et pourtant, il présente au monde sa physique et, qui plus est, en n'optant pas pour une publication clandestine, mais pour un ouvrage qui doit être défendu par les jésuites, les principaux adversaires de l'héliocentrisme. Or, s'il a acquis depuis lors quelques soutiens puissants, cela n'explique nullement son geste, puisqu'il insiste dans ses Principes de philosophie qu'on ne peut à proprement parler du mouvement de la Terre. Faut-il considérer que, pour faire connaître certaines de ses idées, il a accepté de renoncer à d'autres qu'il a jugé moins essentielles – qu'il s'est en d'autres termes compromis – ou a-t-il plutôt pris le risque de passer pour un traître aux yeux de la postérité, en jouant d'équivoque pour faire avancer la science moderne ? A travers le cas de Descartes, je souhaite réfléchir aux positionnement possibles des philosophes dans la société.