DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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2017-02-04 - Vulgarisation/Autres media - Français - 47 page(s)

Henry Kevin , "“Mots fleuris et habiles paroles” — Les chengyu du chinois : grandeur et décadence des expressions idiomatiques dans la Chine du XXe et du XXIe siècle", Conférence publique, Institut belge des hautes études chinoises, Bruxelles

  • Codes CREF : Linguistique appliquée (DI5320), Langues et littératures d'Asie du sud et du sud-est, chinois (DI536Q), Histoire de l'extrême orient (DI5153), Linguistique comparée (DI5327), Sociolinguistique (DI5322), Linguistique appliquée (DI5323)
  • Unités de recherche UMONS : Communication écrite (T203)
  • Instituts UMONS : Institut de recherche en sciences et technologies du langage (Langage)
Texte intégral :

Abstract(s) :

(Français) Amateurs de sentences lapidaires, de vers denses, de maximes concises et autres aphorismes sentencieux, les Chinois ont tôt compris le potentiel argumentatif des expressions idiomatiques et ont sublimé ces formules figées presque au rang d’art. Issus de la tradition poétique la plus ancienne (Shijing), et donc primitivement — du moins, peut-on le supposer — de la culture populaire rurale, les chengyu, expressions prototypiquement quadrisyllabiques, ont été au fil du temps pleinement intégrés dans la langue littéraire la plus élevée et ont fleuri sous la plume des littérateurs et hauts dignitaires de l’Empire. Partie intégrante de la rhétorique mandarinale et de l’esthétique des romans classiques, les chengyu ont toutefois vu leur destin basculer à l’aube du XXe siècle, alors que la République mettait à bas la dynastie Qing. Dans cette conférence, nous tenterons de montrer combien le destin tourmenté de ces expressions idiomatiques à travers l’histoire moderne et contemporaine explique le statut quelque peu ambigu dont elles jouissent dans l’usage actuel de la langue chinoise. Honnis par les intellectuels artisans du mouvement de la Nouvelle Culture, puis récupérés par la propagande communiste avant d’être rejetés dans l’immédiate période post-maoïste, les chengyu semblent avoir louvoyé à travers le XXe siècle pour finalement revenir en force dans la littérature contemporaine. C’est avec une analyse au carrefour des lettres et de l’anthropologie, avec l’éclairage de la théorie bourdieusienne, que nous tenterons d’expliquer le secret de la résistance de ces « phénix » de la langue chinoise.