DI-UMONS : Dépôt institutionnel de l’université de Mons

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2007-03-30 - Colloque/Présentation - poster - Français - 0 page(s)

Delvaux Véronique , "Les voyelles nasales : Comparaison entre français québécois et français septentrional" in Journées des Sciences de la Parole, Charleroi, Belgique, 2007

  • Codes CREF : Phonétique (DI5312)
  • Unités de recherche UMONS : Métrologie et Sciences du langage (P362)
  • Instituts UMONS : Institut de recherche en sciences et technologies du langage (Langage)
Texte intégral :

Abstract(s) :

(Français) De nombreuses contraintes phonétiques agissent sur l’implémentation de la nasalité vocalique tant en production qu’en perception de la parole. En particulier, les effets acoustiques du couplage nasal impliquent une réduction de l’espace perceptuel pour les voyelles nasales par rapport aux orales correspondantes (Wright, 1986). Ce phénomène est généralement invoqué pour expliquer que les systèmes phonologiques des langues du monde possèdent soit un même nombre de nasales que d’orales, soit moins de nasales, mais jamais plus de nasales que d’orales (Beddor, 1993). Les langues comme le français où le contraste phonologique de nasalité est présent tant pour les consonnes que les voyelles doivent donc faire face à une double nécessité lors de l’implémentation phonétique de la nasalité vocalique : (i) distinguer les voyelles nasales entre elles ; et (ii) distinguer les nasales de leurs correspondantes orale, en particulier lorsque celles-ci sont nasalisées contextuellement (/NV?/ = [NV?] VS. /NV/ = [NV?]). Dans cette étude, nous comparons la réalisation phonétique des voyelles nasales dans deux grands groupes dialectaux : le français québécois (Montréal) et le français européen septentrional (ici : Belgique). L’étude comparée de ces réalisations, tant en production qu’en perception de la parole, vise à déterminer comment chacun des dialectes a rencontré les différentes contraintes en relation avec son système propre, et plus généralement comment s’organise la différenciation dialectale à partir de règles phonologiques communes. Les études articulatoire (par IRM) et acoustique menées sur 4 locuteurs belges (Delvaux et collègues 2003, 2004) ont montré que ceux-ci réalisent leur voyelle nasale en accompagnant l’abaissement du voile du palais par certains ajustements articulatoires complémentaires qui ont une conséquence acoustique commune, abaisser la fréquence de F2. Les expériences d’identification menées sur 18 auditeurs belges montrent que l’abaissement de F2 a autant de poids pour l’identification d’une nasale que la nasalisation proprement dite. L’acquisition simultanée de données aérodynamiques, articulatoires (par ultra-sons) et acoustiques sur cinq locuteurs québécois a permis de confirmer que les nasales québécoises sont diphtonguées et que le geste d’ouverture du port vélopharyngé est retardé par rapport à l’attaque de la voyelle. Les nasales québécoises s’achèvent donc sur une phase très nasalisée et très fermée (proche de [j?], [w?]). Les données de perception confirment que ces dimensions acoustiques covariantes sont essentielles à la bonne identification des nasales par les québécois. Les stratégies adoptées dans chaque dialecte sont donc également efficaces mais essentiellement divergentes, et les systèmes perceptuels des auditeurs organisés en conséquence.